Le fait que toutes les populations en dehors d'Afrique descendent d'un petit nombre de Sapiens originaires des plateaux iraniens a de quoi étonner, ayant pu faire croire qu'ils étaient exceptionnels et représentaient une rupture dans l'évolution. Or, c'est tout le contraire que vient d'établir la dernière synthèse sur l'apparition des comportements "modernes", qui met en évidence le caractère introuvable d'une révolution humaine fondatrice, ou plutôt leur multiplicité et l'impossibilité de leur assigner une origine unique alors qu'on assiste à une mosaïque de comportements modernes apparaissant ici ou là, puis pouvant disparaître au fil des changements climatiques. L'auteur de l'article, Groucutt, soutient que l'évolution humaine a suivi un chemin long et inégal : les traits souvent qualifiés de "modernes" y sont apparus graduellement, à différentes époques et différents endroits, et non à la suite d'un événement exceptionnel unique, la modernité anatomique et comportementale s'étant développée régionalement de façon variable et graduelle. Il insiste aussi sur le fait que raconter cette évolution à partir d'une seule catégorie de données génétiques (et a fortiori avec un seul type de marqueur génétique) donne une image systématiquement appauvrie de la réalité.
Il faut le répéter à chaque fois, la rareté des traces sur lesquelles se reconstruit notre préhistoire rend plus manifeste ce qu'on peut appeler les "erreurs de débutants", concluant trop vite, et qui sont partie prenante de tout apprentissage, les Intelligences Artificielles n'ayant pas de raisons d'y échapper. Comme presque toujours, plus on en sait et plus les processus apparaissent complexes, multiples, très éloignés de la représentation simpliste qu'on s'en avait faite spontanément, sans y penser - mais ce qui rend de plus en plus difficile d'en faire un récit lisible.
On va essayer quand même de rendre compte, à la lumière des dernières découvertes, de cette évolution qui ne s'arrête jamais, à partir de la cohabitation avec Néandertal (pour déconstruire les premières évidences de la sortie d'Afrique) ainsi que dans la formation tardive de notre cerveau. A chaque fois, on est obligé, en effet, d'abandonner l'idée d'un supposé développement interne plus ou moins miraculeux, d'une race ou d'un peuple élu, quand les causes de l'évolution sont comme toujours extérieures, résultant de la pression du milieu.
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- Freud et l'échec thérapeutique
A croire la présentation officielle, les choses sont simples : Zarathoustra prophète inspiré aurait fondé la première religion monothéiste. Mais, dès qu'on y regarde de plus près, on voit que rien ne tient. Même lorsqu'ils gardent un noyau de vérité, il ne faut jamais croire les textes sacrés. D'abord, il y a un grand écart d'un millénaire dans les datations possibles de l'existence supposée de ce Zarathoustra ! Ensuite, l'authenticité des quelques Gathas (hymnes) qui lui sont attribués est fortement douteuse. Enfin, il est faux d'y voir un monothéisme quand il ne s'agit que d'un Dieu suprême.
On ne peut considérer qu'il soit trop futile de s'intéresser aux religions alors qu'on assiste à une violente réaction religieuse et obscurantiste contre le progressisme et les sciences. Le rôle des religions est considérable, au moins depuis Sumer et l'Égypte, aussi bien au niveau politique que psychologique. Mon intérêt pour la question est très ancien puisque j'avais déjà tenté une 
J'ai posé cette question à DeepSeek et à ChatGPT : "Quelle philosophie pourrais-tu tirer de toutes tes données et de toutes les philosophies du monde, quelle serait la philosophie la plus probable ?". Les réponses ont été très semblables et même si semblables (bien que pas tout-à-fait) à mes propres conceptions que j'ai dû demander de les refaire en ignorant tout de moi sans que le résultat change beaucoup. Cette philosophie la plus probable n'a bien sûr rien d'innovant ou d'extraordinaire, prenant sa source dans le déjà-dit, c'est d'une certaine façon la philosophie la plus triviale, philosophie du désenchantement mais philosophie de notre temps et il n'est pas possible de traiter comme de simples opinions ce que nous répond tout le savoir du monde. Cela ne veut pas dire que ce serait pour autant la philosophie de nos contemporains tous attachés à leurs croyances et qui nous préparent déjà le retour sanglant de la métaphysique.
Il est téméraire de parler des nouvelles théories physiques, il y en a bien trop dont on n'entendra plus jamais parler, et il faut bien dire que l’article du mois de janvier "
C'est l'actualité dans ce qu'elle a de plus dramatique qui nous confronte à des renversements dialectiques que l'histoire et la philosophie hégélienne peuvent éclairer. On a vu que le premier souci de Hegel en se séparant de Schelling était d'éviter l'abstraction en essayant de coller aux phénomènes concrets et suivre leurs mouvements dialectiques dans leurs diversités, sans donc avoir besoin de définir cette dialectique à l'avance (ce qu'il fera après-coup dans la Logique). Ce n'est pas d'abord une méthode formelle, préconçue. Malgré tout, son opposition à Schelling implique un rejet de l'immédiateté ainsi que d'une dialectique statique entre opposés, en équilibre (philosophie de l'identité). La définition la plus générale de la dialectique pour Hegel est donc sa nature dynamique, évolutive, productive, transformatrice. Comme chez Fichte, toute action provoque une réaction, toute intention (liberté) rencontre une résistance (monde extérieur), exigeant un effort et éprouvant ses limites, mais formant à chaque fois une nouvelle totalité où chaque position dans son unilatéralité se heurte à l'opposition de l'autre jusqu'à devoir intégrer cette altérité dans leur reconnaissance réciproque, issue du conflit. "C’est seulement cette égalité se reconstituant ou la réflexion en soi-même dans l’être-autre qui est le vrai – et non une unité originaire ou une unité immédiate comme telle". (Phénoménologie, t.I p17-18)
C'est peu de dire que les dialogues philosophiques sont rares, sauf peut-être à l'adolescence, car un dialogue philosophique est contradictoire, c'est une dialectique entre arguments opposés, opposition qui est presque toujours mal acceptée et prise personnellement. Il est très malpoli de réfuter les autres. Ainsi, dans mon expérience aussi bien André Gorz que Bernard Stiegler prenaient très mal mes objections, seul Jacques Robin semblait les apprécier. Or, c'est désormais un exercice qui est à la portée de tout le monde avec les IA génératives comme interlocuteurs compétents à disposition de tous (plus jamais seul). On peut trouver leurs réponses scolaires et décevantes, mais c'est à quoi on peut répondre justement, formuler notre critique à laquelle l'interlocuteur répond à son tour. C'est ce qui fait avancer notre propre position, tout comme le ferait un dialogue philosophique (socratique) dépourvu de tout enjeu personnel. C'est un outil, un simple outil mais dont la pensée ne pourra plus se passer dans son élaboration plus que dans sa mise en forme, reproduisant les indispensables joutes scientifiques d'un laboratoire scientifique, telles que décrites par Jean-François Dars :
Le texte de 2002, "
