Mon contrat avec les EGEP s'arrêtait fin décembre,
il a été prolongé 2 mois de plus mais cela n'avait
plus aucun sens. Je préfère pour l'instant m'investir
dans le GRIT (Groupe de Recherches Inter et Transdisciplinaires qui me
permettra de m'ouvrir aux sciences). En tout cas, ma
situation s'est nettement améliorée. Je ne suis plus
complètement
isolé. Par contre, les perspectives politiques sont beaucoup
plus sombres à
court terme. Il faut s'attendre à une précipitation
d'événements
et de catastrophes pour débloquer la situation. Il n'y a rien
à
attendre des prochaines élections d'un régime finissant,
et
rien d'autre à faire qu'à voter blanc pour
dénoncer
la mascarade. La défaite de la gauche est probable et même
souhaitable
pour renouer avec le mouvement social. Il faut tenir compte du fait
qu'en
France la droite fait une politique de gauche sous la pression de la
rue
et la gauche impose des réformes de droite sous la pression de
la
finance ! Les écologistes devront se reconstruire dans
l'opposition
après s'être détruit au contact du pouvoir.
La cause de la liberté,
03/01/02 11k
La liberté ne contredit pas la causalité
mais constitue une fonction de l'apprentissage comme non-savoir.
Les enjeux actuels de l'écologie, (19/10/01-04/01/02) 35k
Nouvelle version pour la revue Transversales (revue du GRIT)
Libéralisme, constructivisme, globalisation, théorie
des systèmes, autonomie, rareté, croissance et développement,
richesse, principe de précaution, donner le temps, démocratie
compétitive ou participative, énergie ou information, non
violence
La foi dans le travail,
08/01/02, 14k
Le travail remplace la religion dans la structuration
des rapports sociaux comme objectivité sociale où peuvent
s'accorder les énergies.
La société
du risque, Ulrich Beck, 12/01/02, 43k
Plus intéressant qu'une notion trop large du risque,
cet ouvrage prémonitoire de 1986 qui vient seulement d'être
traduit, analyse le post-modernisme comme modernité achevée
et réflexive, sans extérieur, qui devient à elle-même
sa propre question, l'origine de ses propres risques et détruit
les cadres sociaux de la modernisation, par sa réussite même,
selon trois axes principaux : 1) l'individuation résultant de l'Etat
social, de la diversification des parcours et de la division du travail
fait éclater la famille et les normes salariales, généralisant
incertitude et insécurité. 2) Les progrès de la productivité
en diminuant la pression de la nécessité mènent à
une inversion des priorités entre risques et profits, le progrès
et ses effets secondaires, développant la critique de la science.
3) La victoire de la démocratie vide de substance le centralisme
politique mais généralise l'action citoyenne sub-politique,
conduite avec ses propres moyens, aussi bien contre un pouvoir sourd qu'une
science aveugle à ses effets. C'est la fin du double monopole de
la science et de la politique, du savoir et du pouvoir.
Anti-utilitarisme ou écologie, 20/01/02, 11k
Critique de la position d'Alain Caillé pourtant
si nécessaire mais on ne peut se contenter d'être anti, il faut
un point de vue moins unilatéral, plus global, un projet alternatif
cohérent et durable, une société ouverte pour une planète
limitée.
L'informatique autonome, 02/02/02, 10k
De l'Automatic Computing d'IBM aux nouveaux robots,
l'informatique ayant dépassée les capacités humaines
s'autonomise mais au lieu de nous rendre inutiles, c'est au contraire une
revalorisation de notre spécificité, de l'interaction avec
l'utilisateur et la résorption de la "fracture numérique".
On entre aussi avec l'informatique de l'autonomie dans la phase expérimentale
des sciences humaines
L'amour du Maître, 05/02/02, 40k
Christian Geffray, Le Nom du Maître, Arcanes, 1997
A partir du Freud de la seconde topique Geffray interprète la constitution
des identités sociales (Nous) comme équivalent du Moi pour
l'individu, de même que l'opinion a la même fonction collective
que le ça individuel. Le Nous qui doit assurer notre reconnaissance
et soutenir notre narcissisme a aussi la même fonction de méconnaissance
et de refoulement que le Moi dans l'identification au meneur, au nom de son
amour pour les dominés. Le Moi résulte de l'intériorisation
du collectif, son individualisation. Dans ce monde sans Maître, il
semblerait que la révolution des institutions exige de restaurer,
temporairement, cette fonction de Meneur nécessaire pour se faire
entendre et accéder à la reconnaissance sociale. La menace
n'en est que plus prévisible d'un retour du populisme, au nom de l'amour
des dominés trop longtemps délaissés. Le reconnaître
est un préalable pour s'en protéger, quitte à exiler
ses généraux victorieux comme les Grecs n'hésitaient
pas à le faire !
Du bon usage des révolutions en régime démocratique, 09/02/02, 49k
Pierre Legendre, La société comme texte, Fayard
Il est de plus en plus difficile de s'opposer à des
apparences de plus en plus démocratiques mais si la démocratie
réduit d'ordinaire le champ de la politique au profit de la vie privée,
l'intervention de révolutions périodiques n'en est pas moins
indispensable pour renouveler des institutions qui tombent en dégénérescence.
De la révolution de 989 à l'asservissement féodal, 24/02/02, 23k
Première révolution européenne (Robert I. Moore, Seuil)
l'alliance de l'Eglise et du peuple dans "La Paix de Dieu" sera pourtant
à l'origine de la féodalité comme asservissement généralisé
et intensification de l'exploitation. La civilisation européenne est
encore profondément ancrée dans la série de révolutions
de cette époque, particulièrement celle du Droit, où
on peut voir le début de la dynamique économique et de la rationalisation
du monde.
Après ce dernier compte-rendu pour les EGEP,
auquel il faudrait ajouter un message sur les Actes de la Recherche consacrés
au Vote, ainsi qu'une synthèse sur l'autonomie et le pouvoir, postées
sur le forum des EGEP, je me consacre pour l'instant au GRIT de Jacques
Robin (Groupe de Recherches Inter et Transdisciplinaires) sans être
rémunéré....
[GRIT] Le mystère (du) continu, 28/02/02, 15k
La légende maudite du vingtième siècle, L'erreur darwinienne, Anne Dambricourt
Malgré ses conclusions religieuses, la découverte
d'un processus continu pose la question des lois de l'évolution qui
ne se résument pas au pur hasard mais se déploient selon des
contraintes géométriques et une complexification par perte
de redondance. On ne peut dénier un sens à l'évolution,
ni la finalité de toute vie dans une intériorisation de l'extériorité
et une extériorisation de l'intériorité, processus d'apprentissage.
[GRIT] La démocratie matriarcale, 10/03/02, 37k
Une histoire de l'autorité, Gérard Mendel, La découverte, 2002
Le déclin du patriarcat et de l'autorité provoquent des régressions
infantiles qui se traduisent par toutes sortes de symptômes : souffrance
dans l'entreprise, dépendances affectives, solitude, dépression,
etc.
[GRIT] La démocratie post-totalitaire, 12/03/02, 50k
La démocratie post-totalitaire, Jean-Pierre Le Goff, La découverte, 2002
"La dictature des marchés" comme conséquence de l'anti-totalitarisme
qui constitue le point aveugle de nos démocraties.
[GRIT] La démocratie contre elle-même, 17/03/02, 61k
La démocratie contre elle-même, Marcel Gauchet, Tel, 2002
"La démocratie règne sans partage ni mélange. Elle est
venue à bout de ses vieux ennemis, du côté de la réaction
et du côté de la révolution. Il se pourrait toutefois
qu'elle ait trouvé son plus redoutable adversaire : elle-même".

Un long silence sans pouvoir écrire, à
essayer d'arrêter tout traitement, toute drogue, et retrouver la maîtrise
de ma vie privée, la tranquillité... Dur à vivre. J'ai
découvert aussi comme nos grands hôpitaux marchent mal, comme il est
difficile de se faire soigner (cela demande beaucoup de compétences
sociales), comme ce qu'on soigne dépend de l'idéologie et qui
on soigne, de la valeur supposée des gens ! Triste époque entre
Richard Durn, Sharon, Berlusconi et Le Pen...
[GRIT] La science comme religion universelle, 20/04/02, 29k
Science et quête de sens, Unesco, 19-20 avril 2002
La science prend la place de la religion comme vérité
universelle mais ne peut intégrer la dimension du sens et de la liberté.
La fin du mythe démocratique, 23/04/02, 10k
Le bug du 21 avril est un bug de la démocratie même si c'est
d'abord un bug des sondages. Le réveil sera-t-il suffisant ?
[GRIT] Une vérité sortie du cerveau, 26/04/02, 46k
L'homme de vérité, Jean-Pierre Changeux, Odile Jacob, 2002
Si le cerveau a bien pour fonction la représentation de la réalité
et la répétition de la satisfaction, il n'y a de vérité
que de la parole et du langage. L'esprit est universel, il n'est pas dans
le cerveau et dépasse l'individu.
En fait tout va mieux tout-à-coup. Le réveil
citoyen m'arrache des larmes après ces années de désert.
En cherchant sur Internet (et en testant des régimes), plutôt
que de me fier aux médecins, j'ai enfin pu trouver le bon diagnostic.
C'est une "fibromyalgie", maladie "émergente"
ce qui veut dire qu'elle était déniée jusqu'à
présent ! Combinaison de stress prolongé, de dépression
(manque de dopamine) et d'allergies (laitages surtout) qui rend hypersensible
et serait assez répandue même si personne ne semble au courant
en France ! (en fait j'ai appris fin 2003 que la cause en était une
candidose chronique polysystémique d'origine pré-diabétique). Je me penche sur la question
jusqu'à constater que les maladies du stress couvrent la plupart des
maladies : infarctus, cancers, sida, schizophrénie...
Des souffrances sans mots, 04/05/02, 49k
Influence de l'extérieur, de l'environnement, des
conflits sur les humeurs de l'âme et sur le corps par le stress et
les maladies psycho-somatiques qui en résultent (dépression,
fibromyalgie, schizophrénie). Nous sommes inégaux devant la
douleur et le stress. Pour un droit à l'égalité chimique,
un véritable droit à la santé. Les hypothèses
avancées ici sont personnelles et devront être confirmées
par l'expérience.
[GRIT] La construction d'un monde commun, 15/05/02, 39k
L'individu n'existe pas pour soi, enfermé dans son monde mais
nous partageons un monde commun extérieur qui ne dépend pas de nous. L'écologie
est l'affirmation de la transcendance du monde, de notre environnement dont
nous dépendons. La démocratie ce n'est pas décider de tout mais se réapproprier sa vie.
[GRIT] L'homme et l'animal, 18/05/02, 26k
L'ouvert, De l'homme et de l'animal, Giorgio Agamben, Rivages, 2002
La part animale de l'homme, Esquisse d'une théorie du mythe et du chamanisme, Michel Boccara, Anthropos, 2002
L'humanité est dans la séparation de l'animalité par
le langage, mais nous sommes toujours des animaux et les mythes nous renvoient
au temps d'avant cette séparation.
L'incertitude du savoir, 02/06/02, 19k
Revue des revues pour Transversales. Le schématisme de nos savoirs en fait toute l'efficacité mais produit inévitablement des erreurs.
[GRIT] La communication entre esprit et corps, 09/06/02, 44k
Psychobiologie de la guérison, Ernest Lawrence Rossi, Le souffle d'or, 2002 (1986, 1993)
La compréhension de la biologie du
corps comme système de communication permet de l'unifier à
l'esprit et d'expliquer le pouvoir de l'esprit sur le corps, le miracle de
la guérison spirituelle, la magie de l'hypnose.
[GRIT] Le sens de la vie, 15/06/02, 44k
Ces lois inconnues, Pour une anthropologie du sens de la vie,
Michael Francis Gibson
La vie n'a de sens qu'à s'inscrire dans l'histoire humaine et une finalité collective.
Enfin le GRIT devrait m'embaucher au mois de septembre ! Le deuxième
numéro de Transversales va sortir, on prépare déjà
le troisième. Si ça pouvait continuer... mais rien n'est moins
sûr ! La gauche a touché le fond (la Bourse bientôt sans doute),
les écolos vont devoir se reconstruire, la santé va mieux,
mon travail commence à être reconnu, tout semble prêt
pour un nouveau départ, 20 ans pour changer le monde !
[GRIT] Les alternatives locales à la globalisation marchande, 22/06/02, 20k
Article pour Transversales no 3
L'alternative à la mondialisation se trouve au niveau local dans la création
de coopératives municipales garantissant le revenu, de monnaies locales,
de bourses d'échanges locaux. La nouvelle économie, qui est une économie
politique, orientée socialement, et non un développement autonome, c'est
une économie de l'investissement, orientée vers l'avenir, un développement
humain et local, c'est surtout une volonté de mieux vivre ensemble.
[GRIT] Pour une écologie du stress, 05/07/02, 37K
Article pour Transversales no 3
Le stress se trouve à l'articulation du biologique
et du social, principe d'individuation mais cause aussi de la plupart des
maladies et des accidents du travail, remettant en cause notre économie
et notre médecine, notre façon de vivre ensemble. Il faut une
société plus écologique réduisant le stress de
tous pour une meilleure santé publique. face à l'épidémie
de maladies dégénératives.
Cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi en forme,
grâce au panax ginseng et à la sauge qui sauve ! Rien
de tel que les panacées pour guérir du stress et des maladies
psychosomatiques. J'en suis tout étonné (et ravi) mais ça ne durera pas!
[GRIT] Henri Laborit, un défricheur, 18/07/02, 12k
Article pour Transversales no 3
Présentation de l'auteur de "L'éloge
de la fuite" et inspirateur du film de Resnais "Mon oncle d'Amérique"
: inhibition de l'action, psychobiologie, cybernétique et société
de l'information.
[GRIT] Corps et société, 20/07/02, 10k
Ecrits sur la médecine, Georges Canguilhem, Seuil, 2002
La société n'est pas un corps, elle n'est pas autorégulée
et n'a pas sa finalité en elle-même, c'est pourquoi il y a toujours
des problèmes. Parce qu'il n'y a pas de sagesse sociale nous avons
besoin de héros et de règles sociales, de régulations
fragiles et changeantes (historiques) mais indispensables au maintien de la société.
Les limites de la plasticité humaine, 28/07/02, 20k
L'Avenir de Hegel, Plasticité, temporalité, dialectique, Catherine Malabou, Vrin, 1996
Déconstruction de la déconstruction, historicité de
l'histoire, métamorphose de la négativité (deuil du
deuil), la post-modernité (post-historique) est pensée comme
plasticité, lecture responsable de l'actualité et prudence
du "voir venir" mais il faut dépasser cette passivité et s'approprier
l'histoire comme projet, passer de l'histoire subie à l'histoire conçue (écologie-politique).
Le mois d'août n'est pas très productif. J'ai passé 15
jours bien agréables avec mon fils qui rentre en seconde. Le disque
dur de mon portable ayant été endommagé en voulant faire
des sauvegardes (!) tout mon temps a été pris à le réinstaller
et à essayer de faire marcher Linux alors que mon appareil ne s'y prête pas du tout multipliant les obstacles
à loisir ! J'ai perdu quelques courriers mais surtout beaucoup de
temps à me replonger sans plaisir dans ces problèmes informatiques
oubliés.
Sinon je continue à explorer la phytothérapie
en testant l'aromathérapie vraiment très (trop) puissante et
difficile à manier mais qui est une alternative de premier niveau
aux antibiotiques.
A l'école des plantes, 15/08/02, 23k
Les plantes médicinales permettent de se réapproprier
son corps et sa santé mais aussi de réussir, là où
la médecine officielle échoue, à guérir des maladies
dégénératives, du surmenage et du stress (psychasthénie,
fibromyalgie, etc.)
[GRIT] Du catastrophisme au projet écologiste, 18/08/02, 41k
Pour un catastrophisme éclairé, Quand l'impossible est certain, Jean-Pierre Dupuy, Seuil, 2002
Si la catastrophe est toujours incroyable avant de se banaliser une fois
venue, il ne suffit pas de s'en protéger en se faisant peur, il faut
savoir quoi faire, construire un projet collectif de développement
humain pour mieux vivre ensemble. Le droit à l'existence des générations
futures est le droit à l'existence de ceux qui sont déjà
vivants. Nous devons vouloir notre humanité et notre histoire pour
qu'elle se réalise. Notre liberté n'est pas de faire n'importe
quoi mais d'opposer nos finalités humaines au monde des causes, vouloir
ce qu'il faudrait et savoir ce qu'on fait.
La meilleure des drogues douces, la caféine ?, 22/08/02, 23k
Critique du numéro d'août du mensuel "Pour la Science" qui fait sa couverture sur la caféine. Rapports entre chanvre et
inflammation. Déficit et excès de sérotonine.
[GRIT] La théorie kantique de l'information, 24/08/02, 13k
Critique du Science et vie du mois d'août.
L'interprétation de la mécanique quantique comme formalisme
probabiliste résultant du manque d'information d'une théorie
contextuelle dépendante de l'observateur constitue une révolution dans notre
compréhension, une sorte de primat du logique sur le physique débouchant
sur une véritable méta-physique (largement issue de celle de Kant).
Dure période. Des gamins du coin m'ont piqué tous mes plants
de chanvre la nuit du 26/08. Je suis effondré, ne sais comment je
vais faire. Je refais une dépression, aggravée quand je me
rends compte que je ne serais pas payé dès le mois de septembre
comme j'avais cru le comprendre, comme il le faudrait absolument ne touchant
plus rien ! Je perds tout courage, toute force et pourtant rien n'en parait
!
[GRIT] Brèves (théorie fractale de l'évolution), 30/08/02, 7k
Bio-Sciences
Jean Chaline défend une théorie fractale
de l'évolution (Les arbres de l'évolution, les horloges du
vivant). Nous ne nous développons pas dans un éther sans résistance
mais nous ne sommes pas non plus le simple reflet de l'extériorité.
Nous sommes dotés d'une puissance propre et d'une mémoire de
notre parcours. Les nouvelles espèces apparaissent au croisement du
développement de leurs potentialités et des possibilités
de croissance de leur population.
Cosmopolitiques, 01/09/02, 20k
Critique de la nouvelle revue des Verts, surtout du
texte programme de Bruno Latour qui défend une écologie procédurale
sans projet ni alternative.
[GRIT] La nouvelle science, 07/09/02, 8k
La Recherche no 356, septembre 2002
Stephen Wolfram, A new kind of Science, mai 2002, 1200 pages
Le nouveau constructivisme : reconstruire l'univers à partir de
programmes élémentaires, les "automates cellulaires" remplaçant
l'observation par la simulation et permettant ainsi de briser les limites quantiques. Version originale
21k.
L'impair de la matière (l'électron libre), 10/09/02, 4k
Supersymétrie entre fermions et bosons. Pure hypothèse sur la matière
comme défaut de l'être et ombre de la lumière. A partir de Pour la Science no 299, 09/2002.
[GRIT] Biologie et déterminisme, 12/09/02, 19k
Critique, 661-662, Juin-Juillet 2002, Sciences dures ?
La vie comme forme de l'imprévisible et liberté, apprentissage et individuation.
Apocalypse Now, 13/09/02, 10k
L'aveuglement de la puissance américaine les
pousse à une guerre à l'ancienne qui ne tient pas compte des
nouvelles données stratégiques depuis le 11 septembre, et risque
de nous mener à un désastre nucléaire ou autre.

L'improbable miracle d'exister, 16/09/02, 38k
L'existence de l'univers est un miracle (une singularité), l'existence
de la matière est un miracle (un défaut dans l'être),
l'émergence de la vie est le miracle qui répond au miracle d'un
monde improbable. L'indétermination de l'existence constituant notre
liberté précède toute détermination., toute matière,
toute vie, toute information, tout sens. Notre monde est un monde d'événements
largement imprévisibles. Notre vie est un miracle fragile.
Ce texte est fondateur. Il inaugure l'étude de l'information et de
la complexité et constituera la référence des années
suivantes.
L'impossible liberté, 24/09/02, 10K
D'être fondatrice n'empêche pas la liberté
d'être impossible. Tout s'y oppose. Nous sommes trop pris dans nos
dépendances matérielles et sociales. La liberté reste
exceptionnelle et donc la vérité aussi. Cela ne la rend que
plus nécessaire.
Je suis (enfin) embauché pour 4 mois par le GRIT normalement, avec un salaire
minimum. Pas le Pérou donc, mais au moins un statut pendant quelques
mois ! La santé semble au mieux mais ma situation reste très précaire sur tous les plans.
[GRIT] 25 ans de Sciences, 29/09/02, 25k
Pour la Science, no 300, octobre 2002
Etat des sciences qui nous confrontent de plus en plus à nos limites.
[GRIT] La politique reste locale, 01/10/02, 5k
La Recherche, no 357, octobre 2002
Les analyses des votes montrent qu'ils ne sont ni volatiles, ni déterminés
par les classes sociales mais dépendent surtout de l'implantation
des partis et des traditions locales.
[GRIT] Brèves, 02/10/02, 10k
Sciences humaines (estime de soi), Science et Vie (cancer et psy), Arte (champignons),
FR3 (terrorisme nucléaire), France-culture (Emmanuel Todd), topologie
de l'univers.
[GRIT] Régulation et cycles, la leçon de Greenspan, 04/10/02, 11k
En retardant l'éclatement de la bulle spéculative Greenspan
est accusé d'avoir aggravé le problème alors qu'il avait
réussi jusqu'alors à éviter le krach. La question est
celle des limites de la régulation face aux cycles démographiques
et aux abus de position dominante.
[GRIT] Les cordes et les concepts fondamentaux de la physique, 10/10/02, 45k
La théorie des cordes prolonge les limitations de la théorie
quantique par la longueur de Planck empêchant d'identifier les particules
à des points alors que ce sont des cordes vibrantes. Elle unifie relativité
et mécanique quantique en généralisant l'invariance
et la symétrie des lois physiques mais son formalisme est largement
incompréhensible.
Le moral est au plus bas, persuadé de l'inutilité de ce que
je fais. Dur de survivre sans herbe (même si le Kuzu aide beaucoup) ! La période est désespérante
ne laissant entrevoir aucune issue encore, période d'avant-guerre
ponctuée par les attentats terroristes, les fuites en avant, la déroute
boursière, la médiocrité déferlante.
[GRIT] Une Ethique de l'avenir, 15/10/02-15/12/02, 29k
Nous devons opposer des valeurs humaines aux pouvoirs
et aux marchés, en intégrant notre ignorance et nos diversités.
Pas de développement durable ni de principe de précaution sans
développement humain, sans investir dans l'avenir de tous.
[GRIT] Pour la mondialisation, l'Amérique, Israël, 23/10/02, 16k
Contre les caricatures d'Alexandre Adler, nous devons
affirmer que nous ne sommes pas contre toute mondialisation, anti-américains
et anti-israéliens, mais bien pour une autre mondialisation, pour
sauver les Etats-Unis et Israël de leur aveuglement suicidaire.
L'appel à la haine (Misrahi dans Charlie-Hebdo), 26/10/02, 10k
Si tous les musulmans veulent notre mort comme le
prétendent Oriana Fallaci ("La rage et l'Orgueil") et Robert Misrahi,
que reste-t-il à faire sinon nous engager dans la croisade du bien
contre le mal ? La logique de l'exclusion, de la diabolisation de l'autre
risque de nous mener au pire.
[GRIT] Archéologie de la Bible, 27/10/02, 25k
La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l'archéologie, Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, Bayard, 2002
Devant l'intrusion actuelle du fanatisme religieux
dans la politique, il est indispensable de montrer que la Bible (revendiquée
par les Juifs, les Arabes et les Chrétiens) n'a pas un caractère
historique mais a été constituée par Josias, Esdras
et Néhémie pour des raisons politiques déjà.
Il ne faut pas confondre le récit explicite, démenti par l'archéologie,
et son sens moral ou mystique qui peut nous toucher encore.
[GRIT] Régulation et cancer, 06/11/02, 17k
Du rôle des oestrogènes et des phyto-oestrogènes dans
le déclenchement et la protection du cancer, au traitement du cancer
par la fièvre (toxines de Coley), on peut faire l'hypothèse
du cancer comme réaction immunitaire à un dérèglement
dû au stress et donc comme processus d'auto-régulation incitant
à un traitement global visant la suppression de la cause du dérèglement.
[GRIT] Brèves, 11/11/02, 22k
Arte (Guerre des civilisations), Silence (tiers-secteur), Multitudes (capitalisme
cognitif), L'économie politique (les économistes contre la
démocratie), Sciences et avenir (Kyoto, gluten).
[GRIT] Auto-organisation du chaos, 13/11/02, 25k
La Recherche, Ordre et désordre, 11/02
Les théories du chaos signent la fin du réductionnisme
en introduisant le désordre dans l'ordre et l'ordre dans le désordre.
La vie est à la fois cristal et flamme, reproduction du même
et dynamique du mouvement. Il faut souplesse et désordre pour pouvoir
évoluer. La complexité et la diversification impliquent une
certaine fragilité de la vie.
Je suis encore dans une situation
financière impossible. J'ai trop de charges pour tenir avec un smic,
surtout avec des aller-retour entre Paris et le Lot. Ces problèmes
d'argent me minent, je ne peux rien faire et ne peux rien planifier au-delà
du mois... Même pas de quoi payer un cadeau à mon fils pour
Noël ! Je suis bien fatigué de cette précarité
et manque d'énergie pour m'en sortir. Quand on croule sous les dettes
on peut souhaiter que la catastrophe se précipite, fin du monde qui
effacerait une ardoise si dérisoire. Plaie d'argent n'est pas mortelle
dit-on mais ça gâche bien la vie et renforce nos dépendances
! Quand on ne peut payer, il faut payer de sa personne dit Castel. J'ai pourtant
l'impression de donner tout ce que je peux...
[GRIT] Théorie de l'information, physique et biologie, 17/11/02, 34k
Léon Brillouin et l'incidence de la théorie de l'information
sur la Physique (quantique). Il faut distinguer théorie physique du
signal analogique et théorie biologique de l'information numérique,
de même qu'il faut opposer auto-organisation physique et boucle de
régulation biologique. L'insuffisance de l'information ne doit pas
mener à l'inaction mais à un contrôle incessant, une
réévaluation et une correction constante, au souci des effets
négatifs de nos actions.
[GRIT] Temps physique, durée biologique et projet humain, 28/11/02, 35k
Le temps physique est déjà création
de formes et d'improbabilité mais la durée vivante est celle
de l'information et des régulations biologiques alors que l'être
parlant se confond avec le temps du projet, ouvert sur l'avenir et la conscience
de sa mort.
[GRIT] Chômage, travail et garantie du revenu, 05/12/02, 23k
Alternatives économiques, 209, décembre 2002
Devant l'augmentation du chômage et les projets gouvernementaux de
RMA ou de remise en cause du PARE, Dominique Méda dénonce la
collusion de la gauche et de la droite dans une vaine "réhabilitation
de la valeur travail" et surtout Jacques Généreux défend
"les vertus d'un droit au revenu inconditionnel".
Cette fois,
ça y est, je ne peux plus rien payer, ni mon chauffage, ni mes déplacements,
plus rien. Comment fait-on quand on n'a plus d'argent ? Il faudrait arrêter
de respirer et de vivre. Ma situation devrait pourtant s'arranger bientôt
me promet-on vaguement mais dans l'immédiat je ne sais comment faire
et la vie me pèse tellement.
[GRIT] L'enjeu politique de la théorie de l'information, 15/12/02, 21K
La confusion de l'information numérique et biologique avec l'entropie
et l'auto-organisation livre nos sociétés à une entropie
galopante insoutenable alors que tout organisme biologique ne se maintient
qu'en se régulant par rétroaction aux informations toujours
imparfaites nous obligeant à corriger le tir sans arrêt.
[GRIT] L'idéologie de la fin, 21/12/02, 29k
La fin de l'homme, Francis Fukuyama, La table ronde, 2002
Discours purement idéologique qui prétend identifier la dignité
de l'homme à sa nature et interdire toute régulation et toute
intervention génétique sous prétexte d'une menace illusoire
d'un "meilleur des mondes" fantasmatique alors que la dignité de l'homme
est bafouée partout. On ne se protégera pas de la logique du
profit par une mince barrière de principes éthiques.
Heureusement j'ai trouvé un nouvel amour qui me redonne vie mais
qui est reparti dans son pays pour un long mois (et non seulement cela ne durera pas très
longtemps mais je le paierais très cher...). Un lecteur inconnu m'a envoyé un peu d'argent. C'est
incroyable et magique, redonne espoir dans l'humanité, la solidarité,
le désintéressement. Nous ne sommes pas seuls ! Puisse l'année
2003 nous voir rassemblés et dressés contre la bêtise
triomphante qui ne nous a que trop dominés de son arrogance pendant
toutes ces années.
Du coup je devrais passer le mois de janvier (tout
juste), pour février rien n'est réglé encore et je devrais me retrouver au chômage mais j'en
viens à croire à la providence ! On verra bien. En tout cas,
je me sens moins seul devant l'adversité et il y en a tant d'autres
qui ne peuvent joindre les deux bouts, intermittents et précaires
dont on diminue les allocations comme pour les condamner à ne plus
vivre.
[GRIT] Fatigue, virus et stress, 31/12/02, 23k
ça m'intéresse, no 262, décembre 2002
La fatigue chronique et la fibromyalgie pourraient être dans certains
cas d'origine virale, déclenchés notamment par le vaccin contre
l'hépatite B et soignés par l'Ampligen. En tout cas le système
immunitaire est perturbé ainsi que le système anti-oxydatif
du glutathion, ce qui devrait inciter à boire du petit lait...
Objectivement je ne suis pas le plus malheureux mais je ne tiens pas le coup, c'est le moins que l'on puisse dire. Le dernier
jour de l'année a été encore un jour de terreur, obnubilé par
le désir d'en finir et fuir un monde où je n'ai pas de place. La précarité
continue à me miner en me privant d'avenir immédiat depuis
si longtemps. Tout ici m'invite à quitter cette vie, chaque geste,
chaque rencontre car je suis persuadé qu'il me faut me résigner à vendre ma petite
maison, m'éloigner de mon fils et sacrifier mes chats, abandonner
toute ma vie passée. Le plus insupportable est la dépendance
des personnes, absolument intolérable pour moi...
2003 - Soutien financier, information, complexité, épreuves (50 ans)
Je prédisais l'entrée dans une période
révolutionnaire
conformément aux cycles de Kondratieff, en précisant que
"cela
ne se fera pas sans guerres et catastrophes sans doute bien que rien
n'annonce
encore un réveil citoyen en France pour l'instant"
(réveil
des luttes qui a eu lieu pour les retraites, l'école et les
intermittents
du spectacle). En tout cas, ce fut pour moi une année
très agitée, avec de grands bouleversements
qui ont frôlé la catastrophe, au-delà d'un
été
de canicule meurtrier, une des pires années de ma vie. Alors
que je n'avais plus de revenu pendant plusieurs mois, les soutiens
financiers
reçus m'auront permis pourtant de tenir toute l'année, à mon
grand
étonnement, mais j'y ai perdu toute autonomie pendant de longs mois.
Une histoire d'amour fulgurante m'a procuré des
émotions extrêmes et contradictoires mais elle finira
très mal, me laissant complètement anéanti. Jamais
je n'avais vécu
dans une telle précarité sur tous les plans, ne sachant
ce
que j'allais devenir le mois suivant, si ce n'est la semaine... J'ai
tout perdu, même l'honneur. Je dois tout de même à un retraité (sans fortune) de
m'avoir sauvé la mise et permis de vivre pendant 6 mois ! Ce qui était
si difficile à vivre ne paraît pas grand chose
après-coup ou de l'extérieur
! En effet, intellectuellement, c'est sans doute l'année
de la maturité par l'intégration des concepts
d'information
et de complexité, concepts sur lesquels j'ai apporté des
clarifications
décisives semble-t-il (comme m'en témoigne Jacques Robin
qui
travaillait pourtant depuis près de 40 ans sur la question, du
Groupe
des dix, avec Laborit, jusqu'au GRIT). Politiquement mon audience
se
révèle paradoxalement plus grande auprès des écologistes
que
du temps où je faisais parti des Verts !
[GRIT] Transduction, information et individuation (Simondon), 02/01/03, 29k
La conception de l'information de Simondon reste entièrement physique, énergétique
alors que l'information comme signe renvoie à autre chose qu'elle-même
et n'a aucun caractère de proportionnalité. Il faut distinguer individuation et production de soi.
Le Brésil devant la déception du pouvoir, 04/01/03, 9k
La transformation sociale par la bonne volonté de Lula ne peut que
mener à la déception et l'impuissance. La seule issue est de
s'appuyer sur un soulèvement général d'initiatives locales
inversant la structure du pouvoir et des régulations sociales.
[GRIT] Information et finalité en biologie, 10/01/03, 33k
La finalité ne se confond pas avec une volonté préconçue
mais correspond à une causalité à partir des effets
(feed-back) de ce qui parait le fruit du hasard alors que le hasard ne peut
faire loi ni déterminer l'orientation de l'évolution. Cette
causalité par la fin, à l'opposé de la causalité
mécanique ou énergétique, est une réaction conditionnelle
et organisée constituant l'information comme principe des phénomènes
biologiques qui sont pris dans une circulation d'énergie, de matières
et d'informations provoquant différenciations et individuation mais
il n'y a jamais de corps isolé de son milieu.
Il m'arrive tuile sur tuile. J'ai confirmation
que je me retrouve au chômage au mois de février, le froid a fait péter une canalisation qui
vient de dégeler en inondant ma cuisine, ma très vieille voiture
a un frein qui se coince... Il me faut vendre vite !
[GRIT] Le concept d'information, 15/01/03, 19k
Caractéristiques de l'information (improbable, imparfaite,
discontinue, reproductible, biologique, levée d'incertitude pour un
récepteur, signe d'autre chose pour quelqu'un, non-proportionnalité
des effets, feed-back, régulation, finalité, causalité
à partir des effets, optimisation des flux), à l'opposé
donc de la matière et de l'énergie, du prétendu ordre
spontané et du libéralisme, de la violence d'une causalité
physique ou d'une entropie passive. Synthèse et conclusion de mes recherches dans le cadre du GRIT.
[GRIT] Voyage dans le miroir de la matière, 27/01/03, 21k
La matière comme brisure de symétrie, défaut dans l'être,
énergie de liaison, et l'antimatière comme point de vue géométrique
inversé par rapport à la matière (en miroir) ou bien
niveau d'énergie minimum ?
[GRIT] Brèves et fin, 29/01/03, 12k
La Recherche no 361, février 2003
Sur le rôle du hasard et de l'information dans l'évolution.
Post-scriptum dressant le bilan de cette expérience de travail transdisciplinaire au GRIT.
Et soudain l'espoir revient. Une chaîne de solidarité
s'est constituée sur des listes Internet et bien que j'ai été
un peu gêné de cette soudaine "médiatisation" (il y en
a tant de plus malheureux que moi et c'est pour tous qu'il faudrait le faire,
"que personne ne soit oublié") voilà que j'ai reçu assez
d'argent sans doute pour passer le mois de février. Ce n'est qu'un
mois de plus, rien de durable encore, mais c'est tellement inespéré. La précarité est pleine
d'espoirs déçus mais je profite de ce moment de bonheur, entouré
de gens qui m'aiment et me soutiennent ! La vie est vraiment surprenante
et il y a des moments incroyables. Merci à tous (comment le dire?)
Je viens
d'avoir confirmation que je ne toucherais pas les Assedic. J'avais accepté
un contrat de 4 mois car cela devait me permettre de toucher le chômage
mais entre-temps les règles ont changé ! Depuis janvier, il
faut 6 mois de cotisations sinon on n'a droit à rien (même par
le RMI pendant les 3 premiers mois de chômage au moins et jusqu'à 6 mois dans mon cas ! Il faut le vivre pour
le croire, on s'imagine tellement qu'il y a une véritable couverture
sociale). La pauvreté des précaires va donc s'aggraver dramatiquement
en ce début d'année. Les syndicats responsables de ce durcissement
sont vraiment des salauds de lâcher ainsi les chômeurs, ne se
préoccupant que des intérêts des salariés en place
les plus protégés (et les plus syndiqués). C'est une
situation qui ne peut plus durer. Nous précipiter dans la misère
n'est certainement pas un bénéfice pour la société,
ni même pour l'économie.
Progrès, évolution et adaptation, 24/02/03, 50k
Les merveilles de l'évolution, Jean Chaline et Didier Marchand, EUD
Contre l'idéologie du progrès qui
nous livre au monde des causes et nous dépossède de toute prise
sur notre destin, nous devons reconnaître le rôle de l'information
et des régulations dans l'évolution et l'adaptation. Il y a
à la fois des sauts évolutifs brusques et des adaptations graduelles
mais il n'y a pas de génération spontanée, la vie vient
toujours de la vie et l'arbre du vivant produit toutes les espèces
par bifurcations, différenciations au contraire des phénomènes
physiques, des équilibres dynamiques. Il n'y a pas vraiment de "sélection
naturelle". Désormais, l'évolution dépend de nous et
l'humanité sera ce que nous en ferons.
Cet unique texte du mois de février m'a pris
tout de même une bonne semaine à ne faire que cela,
délaissant
tout le reste. Difficile pour moi de me concentrer sur plusieurs
activités
et malgré les apparences je suis très lent. Ecrire me
demande
beaucoup de travail, de lectures, de réflexions et de
corrections.
Il me semble pourtant que ce texte n'est pas tout-à-fait
inutile,
complétant mes recherches précédentes, mais la
santé s'est nettement aggravée et je manque
de motivation désormais, ne sachant que faire, pris dans les
premières fêlures de l'amour déjà !
Sur la guerre contre l'Irak, je ne soutiens ni la position française,
ni la position américaine. Derrière les beaux discours il y
a trop de petits intérêts (pétroliers, électoraux,
géostratégiques). Les intellectuels engagés dans la
guerre comme Romain Goupil sont vraiment des "idiots utiles" comme disait
Lénine, mais c'est aussi souvent le cas de ceux qui sont contre. Je
n'ai pour ma part pas changé d'avis depuis le 13 septembre 2002 (Apocalypse Now, voir aussi Pour la mondialisation, l'Amérique, Israël).
Intervention du 11 mars 2003
à une réunion du GRIT sur le concept d'information (11k).
Initiation à la physique quantique, 20/03/03, 80k
La matière et ses phénomènes, Valerio Scarani, Vuibert, 2003 (préface JM Lévy-Leblond)
Discontinuité de la matière et continuité des champs,
dualité onde-particule, principe d'indiscernabilité, de non-localité
et de corrélation des particules, physique quantique et gravitation.
Grâce à ce livre de vulgarisation des derniers acquis de la
physique quantique, il s'agit d'essayer de faire le point sur les interprétations
actuelles des paradoxes quantiques.
Alors que la guerre commence, je m'absorbe dans
une physique intemporelle mais j'ai de nouveau épuisé toutes
mes ressources et l'angoisse remonte...
Rire et Guérir, biochimie de la santé, 25/03/03, 46k
Le rire est le meilleur des remèdes et le gaz hilarant ou protoxyde d'azote (N2O) est très proche du monoxyde d'azote (NO) à la base de nombreuses
panacées (ginseng, ginkgo biloba, gomphrena) ainsi que du Viagra.
Le NO a un rôle très important sur l'humeur, le système
immunitaire, la régulation sanguine, la digestion... C'est donc aussi
le meilleur des remèdes et le secret de la santé physique et morale (Say yes to NO) ! Cela ne veut pas dire que ça marche à tous les coups car les maladies sont la plupart du temps sociales.
Le grand tournant, 01/04/03, 19k
Nous sommes à un grand tournant historique qui devrait nous
faire entrer vraiment dans l'ère informationnelle : fin de la société
de l'énergie, de la force et du pétrole. Nous devons apprendre
les limites de l'information et de la puissance mais la guerre ou l'obsession
sécuritaire annoncent le retour de la solidarité sociale et
la fin de l'individualisme forcené du libéralisme. La
guerre américaine a suscité une résistance mondiale
comme on n'en avait pas vu depuis 1968, presque "tous les peuples contre
tous les gouvernements". Enfin l'Europe même réduite à
un noyau dur, prend forme politique et sociale pendant que l'Euro se pose
en alternative au dollar mais une épidémie n'est pas à exclure dans notre monde globalisé.
La finalité de la politique, 15/04/03, 14k
La politique détermine notre mode d'existence collective et met
en jeu le caractère social d'une vérité mise en débat.
La politique ne se réduit donc pas à la gestion des conflits
ou la représentation de nos divisions mais a comme finalité
d'assurer les conditions sociales de l'autonomie des personnes et donc une
réduction des inégalités, impliquant savoir et vérité,
une représentation globale de l'avenir ainsi qu'une efficacité
pratique.
Nutrition et stress, 20/04/03, 58k
Les maladies du stress ont un grand retentissement
sur la digestion provoquant des déficits nutritionnels et des allergies
qui accélèrent les processus de dégénérescence.
Il faut donc améliorer d'abord l'assimilation des aliments, en premier
lieu l'acidité de l'estomac car pour le reste, il y a tant de paramètres,
de vitamines, minéraux, etc., qu'on peut aussi bien aggraver les déséquilibres
à vouloir corriger des déficiences en cascade.
En fait, pour l'instant toujours pas de travail en
vue et pourtant je suis de nouveau débiteur. Il faudrait que je trouve
absolument un revenu. Je ne sais encore une fois comment je vais m'en sortir.
Je ne touche toujours pas le RMI.
C'est tout de même déjà un miracle que j'ai pu durer
jusqu'à maintenant sans vendre la maison et je ne sais comment remercier
tous ceux qui m'ont aidé (mais qui sont de plus en plus rares en ce moment). Ce qui est sûr c'est qu'il faudrait
garantir un revenu décent à tous.
Utopie ou écologie, 24/04/03, 10k
C'est le capitalisme productiviste qui est utopique.
Il faut opposer à l'utopie marchande le réalisme subversif
de l'écologie. Il n'est plus temps de rêver mais de sauver l'avenir
et construire un projet écologiste alternatif à l'économisme.
Construire un projet écologiste, 25/04/03, 16k
C'est le moment de construire un projet écologiste
européen alternatif au capitalisme salarial productiviste mais cela
doit commencer par l'expérimentation par les écologistes eux-mêmes
d'une démocratie cognitive où le parti est l'expression d'un
mouvement écologiste plus large et européen. Voir la Nouvelle version
bientôt mise en circulation pour signatures.
La complexité et son idéologie, 01/05/03-30/06/03, 230k
Le paradigme de la complexité conteste le
réductionnisme scientiste et mécaniste en affirmant qu'il y
a une limite au savoir, il y a de l'incertitude, de l'imprévisible.
C'est un acquis important de la science moderne qui devient science des limites
mais il convient de séparer la complexité physique de la complexité
biologique faisant intervenir le concept d'information. L'idéologie
de la complexité est un scepticisme qui joue sur la confusion entre
ces différentes complexité pour justifier le laisser-faire
néo-libéral au nom d'une prétendue auto-organisation
ou auto-régulation aveugle qui nous livre à l'entropie alors
que la vie se définit d'y résister. L'enjeu du concept de complexité
est politique, cognitif et même vital.
De nouveau des
problèmes d'argent insurmontables, rien en vue pour le travail (on
ne veut même pas de moi pour travailler à la chaîne, trop
vieux déjà et on voudrait que les vieux travaillent plus longtemps
!). Impasse totale, déprime même si le mouvement social redonne
un peu d'espoir.
La revanche des vaincus, 15/06/03, 19K
Le mouvement social ne peut continuer pendant les
vacances mais s'il semble vaincu, tout devrait reprendre à la rentrée
car la situation est objectivement révolutionnaire sur tous les plans
(retraite, sécurité sociale, école, etc.). C'est un
moment décisif pour reconstruire de nouvelles solidarités et
protections sociales. Malgré son triomphe apparent, le libéralisme
est à bout de souffle et doit faire face au retour des aspirations
à plus d'égalité. Malheureusement, il n'y a pour l'instant
aucune perspective, aucune alternative crédible. Il faut profiter
du temps des vacances pour entamer un nécessaire travail théorique
et s'organiser collectivement.
Programme préliminaire (Le plein emploi de la vie), 25/06/03, 45k
Ecologie, services publics et développement humain. Tentative d'ébauche d'une société écologiste
qui transforme effectivement la production, les revenus, les services publics
et la démocratie pour faire face aux contraintes écologiques
et tirer parti des possibilités de l'époque de l'information,
se soustraire à la précarité et à la destruction
de nos conditions vitales pour développer les conditions politiques
du plein emploi de la vie au lieu d'accepter la dégradation des conditions
de travail au nom d'un plein emploi illusoire et d'une domination totalitaire
de l'économie.
C'est
la fin de l'amour et le début des mensonges, des trahisons, de
la mauvaise foi la plus incroyable alors que je perds tout contrôle sur
ma vie. Un orage a bousillé mon modem le 1er juillet, encore une
tuile supplémentaire ! Sinon j'ai ajouté un chapitre sur
économie
et complexité (Hayek et le néolibéralisme) dans
mon
texte sur la complexité et son idéologie mais j'ai du mal
à tenir le coup. Pourtant, le mouvement des intermittents est
inespéré. Non seulement il n'y a pas de trêve
estivale
mais le mouvement s'étend et s'universalise de l'école
à
la culture, des retraites à la précarité...
La production du consommateur, 25/07/03, 34k
Productivisme, idéologie et consommation
Le productivisme n'est pas un effet idéologique,
un excès d'appétit de consommation mais il est de caractère
systémique, résultant de la détermination de la production
capitaliste par les marchés financiers et entretenu par la publicité.
On ne pourra donc lutter contre le productivisme par la morale ou l'idéologie
mais par une production alternative.
Chronologie de la Terre et du climat, 27/07/03, 25k
Ce n'est pas un texte mais un tableau
et un collage de références sur l'histoire de la Terre et du
climat, les courbes de température, du CO2, des cycles solaires.
La stratégie du putois, 05/08/03, 7k
L'enjeu de la rentrée est d'unifier
les luttes des intermittents, des enseignants et contre la réforme
des retraites pour obtenir un revenu garanti sur toute la vie et des protections
sociales contre la précarité grandissante. Pour cela nous avons
besoin des artistes plus que de démonstration de force. Chacun peut
bloquer le système mais l'important c'est de faire entendre ses propositions,
la lisibilité du message.
Ecologie-Politique ou politique de civilisation, 19/08/03, 11k
Le sens d'une Ecologie-Politique ne se
limite pas à l'écologie mais doit intégrer la dimension
politique. Alors que la "politique de civilisation" prônée par
Edgar Morin reste du côté du subjectif, du progressisme et de
la vie urbaine, l'écologie-politique permet de dépasser une
guerre des civilisations par l'objectivité des menaces écologiques
et la construction d'un objectif commun en rupture avec la politique traditionnelle
et les impasses de la civilisation occidentale.
J'ai reçu toute une flopée de neveux et nièces ce
mois d'août (pour tourner un petit film) et c'était sympa
bien qu'assez perturbant et peu propice au travail, de toutes
façons la chaleur était insupportable, mais leur
séjour a été endeuillé par le
décès soudain
d'une grand-mère bien aimée. Une telle hécatombe
n'a
sans doute épargné aucune famille ou presque. La prise de
conscience
des ravages du changement climatique pourrait précipiter une
remise
en cause de notre mode de croissance et participer à restaurer
les
solidarités sociales.
J'avais beau avoir insisté sur ces dérèglements
climatiques
dès avant la tempête de 1999 (après-nous le déluge), je ne pensais pas que ce serait si rapide. Sinon, je vais avoir 50 ans le mois
prochain et ma situation reste aussi précaire qu'avant. Je touche
le RMI enfin mais c'est insuffisant (360 €) pour couvrir mes charges et les
perspectives de trouver un emploi à la rentrée semblent bien
compromises... Heureusement j'ai reçu de nouveau quelques contributions
mais tout cela reste très aléatoire. Je ne sais toujours pas
combien de temps je vais tenir encore.
La convergence des luttes, 26/08/03, 22k
Pour qu'il y ait convergence
des luttes, il faut que les revendications s'universalisent, perdent leur
spécificité catégorielle. Toutes les conditions objectives
d'une révolution des institutions sont réunies, manque les
conditions subjectives, manque un projet commun.
J'ai ouvert un forum : http://jeanzin.fr/forum/liste.php
ainsi qu'une liste de diffusion [ecorevo]
pour préparer une rentrée qui s'annonce chaude et désemparée.
Par ailleurs les discussions sont en cours sur le projet européen d'écologie politique.
L'énergie des mitochondries, 30/08/03, 17k
Petite fiche sur le rôle
des mitochondries assurant la production d'énergie des cellules et leur régulation par le NO. Exemple
de symbiose qui a libéré la créativité des formes
de vie une fois que les mitochondries ont pris en charge les flux énergétiques,
détachés du patrimoine génétique des cellules
à noyau (eucaryotes).
Le savoir absolu, 02/09/03, 42k
Ce texte philosophique sur la certitude de notre ignorance et la
responsabilité de l'avenir paraîtra sans doute bien intempestif mais il
m'a semblé utile de réfuter les interprétations habituelles du savoir absolu et de
la fin de l'histoire qui brouillent la compréhension de la dialectique hégélienne et ne
sont pas sans conséquence sur l'action politique et nos représentations
communes. Le savoir absolu, c'est que la vérité et l'histoire sont entre
nos mains malhabiles et que nous construirons collectivement notre avenir commun en
toute conscience et responsabilité
des conséquences de nos actes.
Soudain des inconnus veulent me rencontrer, de plusieurs coins de France,
et j'en suis tout étonné (un seul passera à l'improviste). Comment peut-on répondre à
ces voyages initiatiques ? La seule chose que je peux exiger de ceux qui
me questionnent, c'est de préciser, de travailler leur question, de
cerner la réponse qu'ils y donnent. Je suis intéressé
par les questions mais ne suis pas sûr d'être fait pour cela,
ni de gagner à être connu, ni de savoir répondre du tac
au tac. Je préfère l'écrit qu'on peut corriger. Il est
sans doute nécessaire de donner sa parole et la tenir, prendre modèle,
mais le danger est de laisser pour certitude ce qui n'est qu'une
recherche hésitante.
Le temps ne s'arrête pas (Peter Lynds), 11/09/03, 15k
Intervention en physique théorique d'un jeune inconnu de 27 ans
qui montre qu'on ne peut arrêter le temps, les dynamiques en cours,
et que donc il ne peut y avoir de mesure exacte du temps pas plus qu'il ne peut y avoir de particule ponctuelle. D'ailleurs, le
temps n'existe pas comme dimension séparée, c'est un ordre
de succession, on ne peut donc remonter le temps. L'application à
la physique des idées sur le temps d'Aristote, Hegel et Bergson, se
révèle productive bien qu'il faudrait distinguer plusieurs temporalités.
En tout cas les ennuis continuent et je ne sais pas comment je vais
passer l'hiver. Ma vieille voiture n'est pas passée au contrôle
technique (le pont arrière est foutu), je n'ai pas encore pu faire
réparer mes canalisations qui ont pété l'hiver
dernier, et en plus j'ai une chatte qui est malade (ce sont ses mamelles
qui pourrissent et empestent la maison). Tout cela est dérisoire, c'est la vie, mais
cela me paralyse, je ne sais pas comment m'en sortir. Pourtant on me sollicite
de plus en plus. L'appel pour un projet européen d'écologie-politique
reçoit de nombreux soutiens. Il faudrait vraiment que je trouve un revenu,
et que les choses s'accélèrent !
Idéologie des réseaux et théorie des systèmes, 16/09/03, 19k
Les réseaux comme structures statiques sans finalités et soi-disant
auto-organisés ont détrôné les organisations et
la théorie des systèmes considérées comme trop
centralisatrices. Il faut voir dans cet effet de la technique et de l'introduction
d'Internet une des origines de la collusion entre les idéologies libérale
et libertaire. Le paradigme du réseau permet de donner toute sa place
à l'autonomie mais il faut rétablir qu'un réseau, comme
le réseau sanguin, ne prend son sens que dans le système qui
l'a produit. Réintroduire la théorie des systèmes permet
de rendre compte du processus et pas seulement de la structure, mais surtout
de résister à l'entropie par des régulations.
La triple hélice (les gènes, l'organisme, l'environnement), 25/09/03, 7k
Richard C. Lewontin, La triple hélice, Seuil, 09/2003
Contre les simplifications des néodarwiniens
et des généticiens, prisonniers de leurs métaphores,
il faut rétablir qu'un organisme ne se développe pas à
partir du programme génétique : il est façonné
par quantité de phénomènes aléatoires. L'environnement
n'est pas une sorte de toile de fond immuable sur laquelle s'agitent les
organismes, mais il participe pleinement au développement de chacun
d'eux en même temps que les organismes modifient leur environnement.
Au schéma classique - et simpliste - "gène/organisme", Lewontin
suggère, comme Edgar Morin, de substituer la triade "gène/organisme/environnement"
bien plus complexe.
La génération du porno, 01/10/03, 22k
Le porno est partout, c'est l'activité dominante sur Internet. Conséquence
inévitable de la libération sexuelle et surtout de la libération de la femme,
on ne peut le réduire à une image dégradante de la femme traitée en objet
de plaisir. On peut même penser qu'il
accélère les mélanges et l'unification de l'espèce humaine. Il faut tenir
compte de cette invasion et lui donner sens, reconnaître la prégnance sexuelle
des images, leur caractère complètement reproductible et communicable témoignant
de notre soumission aux signes, notre part de stupeur animale et d'emballement
des humeurs. Ce qui émerge, c'est une jouissance féminine banalisée en même temps que
s'installe le nouveau matriarcat des familles recomposées, dans l'inconsistance
la plus totale.
Le revenu garanti comme réponse à la crise, 08/10/03, 20k
Débat de l'UCIES
du 11 octobre 2003 au centre culturel de L'île St Denis.
Face à une crise qui n'est pas seulement sociale,
économique et écologique mais constitue une véritable
crise de civilisation, il faut avoir un diagnostic précis de notre
situation ainsi qu'un projet alternatif concret. Le revenu garanti est une
réponse nécessaire mais pas suffisante qui doit être
complétée par une relocalisation de l'économie et des
coopératives municipales pour constituer une alternative à
un mode de production qui n'est ni durable ni généralisable.
Je suis monté à Paris quelques jours et, le 13 octobre,
je suis redevenu complètement amoureux, inaugurant une
période euphorique de quelques jours qui se terminera
très vite, tournant même au véritable cauchemar !
Pourtant la précarité recule un peu enfin. J'ai du
mal à y croire mais un vieux militant retraité m'a envoyé
une somme conséquente, empruntée auprès de sa banque
! Cela va me permettre surtout de régler les urgences accumulées
(voiture, chauffage) et il va rester de quoi tenir près de 6 mois sans doute.
J'en suis tout abasourdi. C'est un passage à la vitesse supérieure
dans la valorisation de mon travail et cela fait longtemps que je n'avais
pas eu autant de temps devant moi ! Tout s'éclaire soudain, de nombreux
problèmes deviennent solubles. Il y a vraiment des moments
magiques même si c'est un peu les montagnes russes et que rien n'est
jamais acquis.
Travail, précarité et revenu garanti, 22/10/03, 20k
Interview pour le numéro de décembre de l'Echo des savanes
Sur la valeur-travail, le revenu garanti et la fin du salariat.
Je passe beaucoup de temps à répondre au courrier (comme
l'interview ci-dessus) et à m'occuper de problèmes
matériels. Ma récente mésaventure amoureuse m'a
mis
dans un drôle d'état. Il est effarant de constater
à
quel point on s'enfonce à vouloir dire la vérité,
comme
la vérité est impossible, les pulsions contradictoires...
Si
on en dit trop on ne peut plus revenir en arrière, si on attend
trop
on n'est plus crédible ! J'en fais un accès de candidose. Cela fait partie
des
factures à payer dès qu'on sort la tête de l'eau,
mais c'est le début d'une dure période de souffrances
suicidaires devant la mauvaise foi, le mépris et l'ingratitude...
Je suis retourné à Paris le 25 octobre pour
le débat d'EcoRev' "Misère du présent, richesse du futur,
les voies écologistes de la transformation sociale" avec Serge Latouche et Françoise Gollain, sur le thème
: "transformer la production : une alternative à la globalisation
marchande". J'ai été bien déçu
du manque de propositions concrètes des autres mais cela
m'a décidé à réintégrer la rédaction
d'EcoRev'. Les perspectives politiques à court terme ne sont pas bonnes
du tout. Il semble bien qu'il nous faudrait une catastrophe (la récession
américaine, une grave crise financière ou pire ?) Pour l'instant,
j'ai perdu presque tout espoir devant la complexité des problèmes
et la manifestation constante de notre débilité mentale.
De la croissance marchande au développement humain, 03/11/03, 13k
Relocalisation de l'économie, circuits alternatifs,
garantie du revenu et développement des nouvelles forces productives
immatérielles et coopératives (arguments pour un programme écologiste).
La coopérative municipale, 04/11/03, 21k
La relocalisation
de l'économie, la dynamisation des échanges locaux et le développement
d'activités autonomes ont besoin de coopératives municipales
d'un genre nouveau, inspirées par Bookchin et permettant d'assurer à
la fois une garantie du revenu et les moyens de valoriser ses compétences.
Le productivisme durable, 06/11/03, 8k
Eco-Economie, Lester R. Brown, Seuil, 09/2003
Illusion d'une croissance écologique et durable, d'une vérité des prix écologique
conformément aux dogmes dépassés du libéralisme. Au-delà des écotaxes et
de l'impossible internalisation des coûts écologiques, il y a du moins les
mesures minimales à prendre (économies d'énergie, solaire, éoliennes, hydrogène,
vélo, reboisement, pisciculture, recyclage), mesures nécessaires même si elles
ne sont pas suffisantes.
Les citoyens peuvent-ils changer l'économie ?, 13/11/03, 15k
Editions Charles Léopold Mayer, 2003
Commerce équitable, fonds éthiques,
finances solidaires, économie sociale et solidaire ne peuvent pas substituer
une régulation individuelle par les marchés à une régulation
collective mais pour ne pas rester marginales et simples alibis de l'extension
du marché à l'éthique il faudrait changer d'échelle
et donc politiser ces initiatives. La politique reste moteur mais ces expérimentations
peuvent constituer l'embryon de circuits alternatifs, d'une autre mondialisation
et d'une production reterritorialisée.
C'est la très grande forme ! Je suis revenu à la médecine
pour soigner ma candidose, le Triflucan étant très efficace,
bien plus que l'ail par exemple. Je me sens renaître. Le vrai problème
médical, c'est que personne n'avait diagnostiqué cette candidose
chronique polysystémique d'origine pré-diabétique qui me rongeait en fait depuis des années
(depuis les années 80 sans doute et surtout depuis 1996 et 2001),
et que j'avais moi-même négligé, ce qui aurait pu m'être
fatal ! Les bienfaits de la sauge et du gomphrena venaient donc apparemment
de leurs propriétés antifongiques. Les symptômes disparaissent rapidement,
le brouillard mental se dissipe, les lourdeurs après le repas disparaissent
ainsi que l'instabilité émotionnelle, la nervosité, les angoisses,
les douleurs et les allergies, l'énergie revient... C'est trop beau,
il faut voir sur la durée mais c'est une véritable renaissance.
Je n'ai pas seulement l'impression d'aller beaucoup mieux mais bien d'être
guéri ! Le risque de redevenir trop normal est peut-être de
perdre ma sensibilité exacerbée ? On verra bien, en attendant
j'en profite avec gourmandise (même si j'ai beaucoup maigri).
La transcendance du monde, le sens de l'évolution et la liberté, 15/11/03, 32k
Evolution et liberté, Hans Jonas
Tentative de métaphysique de l'information à l'occasion d'une
critique de la conception mécanique de l'information de Jonas et
de sa cosmogonie onto-théologique qui tente de dépasser le
dualisme entre la matière et l'esprit. Le monde de l'information est
un monde transcendant auquel nous n'avons qu'un accès indirect, par
l'information justement. Il y a séparation de l'émetteur et
du récepteur, de l'organisme et de son environnement (l'adaptation
n'est pas immédiate), de la conscience et de son objet, du sujet de
l'énoncé et du sujet de l'énonciation, etc. La liberté
est dans cette séparation, dans notre ignorance originaire. Le sens
de l'évolution est pour nous un progrès cognitif et l'avenir
de l'humanité mais les fondements de l'éthique ne sont pas
dans l'évolution objective et plutôt dans l'histoire, la parole,
le désir de reconnaissance et de réciprocité, la lutte
politique.
Le contrôle des émotions (éthique et biologie), 28/11/03, 70k
Antonio Damasio, Spinoza avait raison, Odile Jacob, 2003
A partir d'une très intéressante distinction entre émotion
et sentiment qui semble avoir une réalité neurobiologique peut-on
fonder une éthique individuelle et collective, sorte de pensée
positive qui est la version moderne et hygiéniste de la joie spinozienne,
ou doit-on considérer les sentiments comme des informations qu'on ne
peut ignorer et la joie comme le résultat d'une résolution active
des causes de la tristesse ? Supprimer la souffrance c'est supprimer information
et rétroaction. Ce devoir de jouissance et cette recherche du bonheur
auquel la biologie et l'individualisme libéral voudraient tout réduire
n'est en fait qu'une forme de toxicomanie. La leçon de la biologie
comme de la psychanalyse serait plutôt que pour contrôler une
émotion il faut en prendre conscience, la prendre en compte.
Je continue à me soigner (et à maigrir), toujours avec
la grande forme bien que beaucoup moins joyeuse maintenant. Les passions
tristes sont de retour avec la solitude, le rejet, l'incompréhension et le temps pluvieux même si
je n'en suis pas affecté autant qu'avant. Du moins je travaille
énormément et sans discontinuer (je ne sais si ça vaut
vraiment le coup). Il va falloir que je ralentisse un peu le rythme. Je viens
juste de porter ma voiture pour réparation et le plombier vient enfin.
Tout prend beaucoup de temps mais les choses finissent par s'arranger. Ce
mois de décembre je vais monter 2 fois à Paris, à partir
du 8 et pour Noël. Cela va me changer après cette longue période
d'isolement.
Les alternatives écologistes, 07/12/03, 30k
Tentative d'argumentaire pour et contre les différentes
alternatives écologistes : 1) Le productivisme durable, version libérale
d'une internalisation des externalités, d'une vérité
des prix écologique, donnant un prix à la pollution (pollueurs
payeurs), et d'une régulation du capitalisme 2) Le productivisme bridé
par un ralentissement de la croissance obtenu avec une constante réduction
du temps de travail ainsi qu'une frugalité volontaire réduisant
nos consommations 3) La décroissance conviviale voudrait substituer
le politique à l'économique mais reste prise dans une décroissance
quantitative, une économie pré-industrielle et une généralisation
problématique 4) Une production alternative relocalisée
basée sur le revenu garanti et les nouvelles forces productives immatérielles,
autonomes et créatives, avec une version "capitalisme cognitif" réformiste
et un projet plus radical de coopératives municipales. (ce texte n'est
qu'une ébauche pour engager un débat, c'est donc un work in
progress).
Ce
dernier texte a reçu un accueil étonnamment positif
(entre autres, de la part des Verts qui l'ont mis sur leur site) mais sans suites... C'est
une période de
grande intensité émotionnelle, premier anniversaire d'un
amour
inachevé qui ne veut pas finir et que je vais payer très
cher à partir de ce moment, faisant l'expérience de
l'incroyable cruauté des rapports humains. Du coup, la candidose
est revenue
malgré les médicaments (je change de traitement le 16/12)
! Il y a pourtant de belles journées d'hiver, douces et
ensoleillées. J'ai remis en route la cuisinière à
bois et je coupe mon bois avec plaisir. Fin d'année peu
productive, faite de beaucoup d'interrogations.
2004 - Echecs, L'amour libre, Le monde de l'information, fin de cycle (51 ans)
C'est l'année des
illusions perdues sur tous les plans ! Si on peut dire depuis 2003, conformément aux
cycles de Kondratieff, qu'il y a toutes les "conditions objectives" pour des bouleversements révolutionnaires au
niveau mondial (changement de génération, début du
papy boom,
reprise de l'inflation, perte de
légitimité des institutions, fin
du libéralisme, nouvelles régulations et protections
sociales), aucune perspective ne se dessine pour l'instant. Les
événements comme le FSE montrent bien leurs limites.
J'avais espéré des actions spectaculaires de la part des
intermittents du spectacle enfermés dans leur exception
culturelle mais ils prouvent par la pauvreté de leurs actions
que les intermittents ne sont pas des artistes, seulement des
travailleurs comme les autres. Les Verts sont désespérants et devraient s'appliquer les
principes
écologiques : ils ont vraiment besoin d'une
régénération,
d'une renaissance, d'une refondation. Pour moi aussi, c'est la fin d'un
cycle. Je clôture mes recherches précédentes par un
livre sur "Le monde de l'information" après avoir tenté de surmonter mes déboires amoureux par une série de textes sur
l'amour (L'amour libre)
où se dissipent mes dernières illusions sur les rapports
humains. Constatant
l'inutilité de tout ce que j'ai pu écrire dans ce monde à la
dérive où je n'ai pas de place, j'ai donc
décidé, fin octobre, de tout arrêter.
Le racisme est presque toujours anti-pauvres. Pour
justifier les mesures contre les précaires et chômeurs, on prétend
que les victimes sont coupables, que les pauvres sont dégénérés,
mauvais, qu'ils ne veulent pas travailler alors que le chômage de masse
dépend de la politique monétaire et pas des chômeurs
eux-mêmes. On ne veut rien savoir du sort qui est réservé
aux plus faibles auxquels on coupe les vivre, mais désormais plus
personne n'est à l'abri, la précarité s'étend
et l'insécurité sociale se généralise en l'absence
de garantie de revenu.
Dans ce manuel anti-libéral et keynésien,
l'Oncle Bernard de Charlie-Hebdo montre que "la gratuité et la solidarité
font la croissance, l'invention de la richesse, malgré la concurrence, essentiellement
inefficace". Beaucoup de vérités bonnes à dire comme le fait que le libéralisme
est un produit d'exportation pour les USA qui sont protectionnistes, keynésiens,
étatistes. On doit regretter la religion de la croissance et le peu de place
donnée à l'écologie mais l'accord qui se dessine à la fin sur l'économie alternative
est très encourageant.
Après une nouvelle période de déprime et de
rechute inquiétante je reprends, à partir du 09/01, mon ancien
traitement (Triflucan) à doses plus élevées et la forme
revient comme par magie (c'est vraiment extraordinaire, il devient si facile de travailler). Pourvu que ça dure !
Supersymétrie, Gordon Kane, Le pommier, 2003
La physique est rentrée dans une phase très
spéculative, trop souvent inaccessible à l'expérience.
La Supersymétrie est l'hypothèse simplificatrice d'une symétrie
entre fermions et bosons. Rien n'impose vraiment cette symétrie qui
doit au contraire se prouver en découvrant des (super)particules que personne
n'a rencontré jusqu'à maintenant ! La supersymétrie
prend place dans les tentatives d'unification des forces physiques, de la
relativité générale (gravité) et de la physique
quantique (champs), en particulier dans la recherche du fameux boson de Higgs
qui serait responsable de la masse.
Il ne faut pas confondre la lutte contre l'appropriation
du savoir ou du vivant à l'ère de l'information avec la lutte
contre l'appropriation des moyens de production à l'ère industrielle
car si le capitalisme industriel était bien productiviste, il devient
contre-productif dans le domaine immatériel (logiciels libres, recherche,
musique, etc.) où il doit organiser une rareté complètement
artificielle alors que la coopération et le partage des savoirs y
sont bien plus efficaces (article original, 37k).
Paul Ricoeur, Parcours de la reconnaissance, Stock
A partir d'une émission de radio à propos du dernier livre
de Paul Ricoeur, quelques réflexions sur la reconnaissance et la subjectivité.
Une reconnaissance peut vouloir dire 1. retrouver quelque chose ou quelqu'un,
2. assumer ses responsabilités (devoirs ou fautes), enfin 3. remercier,
manifester sa gratitude, reconnaître les mérites de l'autre,
l'aimer ou l'admirer. La reconnaissance mutuelle exigerait simplement de
reconnaître les capacités de chacun mais le désir de
reconnaissance comme désir de désir favorise plutôt la
rivalité et le refoulement. Nous sommes tiraillés entre deux
exigences contraires de vérité et de séduction dont
il faut payer le prix.
Je suis (encore) dans la merde, c'est le cas de le dire. En me
livrant du bois mon voisin a cassé ma fosse septique en roulant
dessus avec son tracteur ! Il a fallu tout vider, cela m'a fait une
dépense imprévue alors que je n'ai presque plus rien,
encore une fois, mais ça a été assez vite
réparé. Mon horizon se noircit ces temps-ci, je suis
surtout très désorienté, étranger à
ma vie et au monde, heureusement que je suis toujours
en grande forme, ce qui n'est pas rien ! Je recherche de nouveau plus
activement un emploi mais sans beaucoup d'espoir. En attendant je
travaille à un petit livre sur l'information
qui va m'occuper quelque temps et que je devais signer avec Jacques
Robin.
L'émergence du concept d'information
: les caractéristiques de l'information (improbable, indirecte, imparfaite,
récepteur, pertinence), opposition de l'énergie et de l'information
(continu ou discontinu, signal ou signe, entropie ou reproduction, effet
proportionnel ou non linéaire), la régulation cybernétique
(reproduction, rétroaction, finalité, théorie des systèmes,
biologie, complexité). La mutation informationnelle (informatique,
réseaux, biotechnologies) : l'économie de l'information (gratuité,
développement humain, direction par objectif, précarité,
revenu garanti), le pouvoir des médias ("informations", publicité,
pornographie, politique spectacle, terrorisme, démocratie), l'idéologie
des réseaux et de l'auto-organisation (néolibéralisme),
métaphysique de l'information (dualisme, ignorance, principe de précaution,
liberté, apprentissage, histoire, éthique, politique, écologie,
sciences).
Le néolibéralisme
semble complètement enterré maintenant, même Alexandre
Adler reconnaît la pertinence des thèses de "ses ennemis altermondialistes"
et l'utilité d'une dose de protectionnisme pour sauvegarder les sociétés
! Pourtant, tout reste comme figé pour l'instant avec un horizon complètement
bouché (ou bien est-ce seulement ma situation personnelle ?).
J'ai arrêté mon traitement le 6 février, puis
je suis monté à Paris du 7 au 12 février. On a finalisé
le texte sur l'ère de l'information avec Jacques Robin qui l'a déjà
envoyé à toute une flopée de personnalités mais
ma situation personnelle ne s'arrange pas, c'est le moins qu'on puisse dire,
et, alors que je croyais aller mieux, je suis revenu complètement
déprimé encore, en colère contre la Terre entière
!
La condition historique, Marcel Gauchet, Entretiens avec F. Azouvi et S. Piron, Stock, 2003
Dans ce livre d'entretiens, Marcel Gauchet revient sur son parcours, sur
son interprétation de la sortie de la religion, d'une société
basée sur un ordre extérieur, hétéronome, à
l'autonomie démocratique d'un sujet divisé par son inconscient.
Il constate l'impuissance d'une démocratie des droits de l'individu,
les impasses d'une autonomie incapable de se fonder sur soi et les ravages
d'une société de marché où il semble que plus
rien ne peut changer bien que tout change tout le temps. On peut opposer
pourtant à ce scepticisme libéral la discussion philosophique,
une démocratie cognitive et les nécessités objectives
(hétéronomes) des contraintes écologiques. Ainsi, l'écologie
prendrait en quelque sorte la place des religions dans l'organisation sociale
mais en s'appuyant sur la science et sans remplacer les diverses traditions
religieuses.
Question santé,
il est clair maintenant qu'à chaque fois que j'arrête mon
traitement,
la candidose reprend. Comme le traitement chimique ne peut être
pris
continuement semble-t-il, c'est donc le terrain pré-diabétique que je dois soigner
avec un régime strict. Quand je
peux le suivre je n'ai pas à me plaindre de ma forme et c'est
déjà
un gros progrès de savoir ce qu'on a et de ne plus être
obligé
de rationaliser son malaise, de lui trouver des causes inconscientes ou
sociales,
qu'on trouve toujours... Il est sûr malgré tout que
ça
irait mieux si on me maltraitait un peu moins !
La libération sexuelle est acquise mais on a laissé tomber
l'utopie d'un amour libre, nous laissant avec ses impasses que nous vivons
chacun dans notre vie quotidienne. La contradiction de l'amour c'est de s'adresser
à une liberté qu'il veut séduire et dont il veut s'assurer
par des serments alors que l'amour juré n'est déjà plus
de l'amour. Peut-on à partir de l'expérience d'un échec
amoureux tenter de relancer la réflexion sur un indispensable amour
libre débarrassé des rapports de domination et permettant les
fidélités multiples des familles recomposées ? Ce texte
préliminaire d'une série de lectures sur l'amour ne prétend
pas apporter des réponses mais témoigne plutôt d'une cruelle
déception (il y a une version imprimable des textes sur l'amour en RTF. Je n'ai pas inclus les polices pour ne pas trop alourdir le fichier. Les
polices utilisées sont Time New Roman pour le texte, Matisse pour
la couverture et Tahoma pour les titres).
Jean-Luc Marion, Le phénomène érotique, Grasset, 2003
Tentative de décrire les figures de la conscience de la relation
amoureuse qui part de la haine de soi et de la nécessité d'être
aimé à l'échange où chacun donne à l'autre
ce qu'il n'a pas, l'érotisation de sa chair. L'amour n'est pas une
passion irrationnelle, absurde ou insignifiante, l'amour ne dérive
pas de l'ego, mais le précède et le donne à lui-même,
incarnation qui précède tout sujet, désir qui précède
toute connaissance. La satisfaction du désir confronte l'amour à
la finitude et au mensonge mais chacun resterait fidèle à tous
ses amours passés, dans la certitude d'avoir été aimé.
J'ai trouvé enfin un petit boulot à mi-temps pour
2 mois ! Rien d'extraordinaire mais de quoi tenir quelque temps. Ce
n'est pas encore la fin de la précarité mais la santé
va beaucoup mieux, les perspectives s'arrangent, reste plus que l'amour... Sinon,
à la fin du mois de mars je devrais participer à un drôle
de "machin" (un comité d'éthique mondial auprès de l'ONU) pour discuter de notre
texte sur l'Ere de l'information.
Alors que tout est fait pour terroriser de plus en plus
les pauvres et les chômeurs, les priver de revenu et les condamner
à la mort sociale, l'émotion suscité par les attentats
semble bien disproportionnée et les manifestations de solidarité bien hypocrites.
La déliaison amoureuse, De la fusion romantique au désir d'indépendance,
Serge Chaumier, Payot
Après la phénoménologie
de l'amour rêvé unique et éternel, la sociologie des
amours d'aujourd'hui multiples et temporaires, la déliaison amoureuse,
la libération féminine, le désir d'indépendance
et les familles recomposées, le conflit des modèles amoureux
entre amour fusionnel et "fissionnel".
Le choc amoureux, Francesco Alberoni, Pocket
L'amour comme
"état naissant d'un mouvement collectif à deux", force de transformation
révolutionnaire de la vie quotidienne, destruction des anciennes institutions
et des anciennes communautés, suite à une surcharge dépressive,
mais aussi fondation de nouvelles institutions et d'une nouvelle communauté.
La passion amoureuse est transgressive, elle se construit contre l'obstacle
et la Loi. L'énamoration est une renaissance, le retour de la force
vitale, des projets et de l'espérance. C'est un moment exceptionnel
et, comme tel, il ne peut durer sans s'institutionnaliser et tomber dans l'ordinaire
jusqu'à la prochaine révolution. L'amour naissant annonce parfois
des révolutions imminentes et les mouvements sociaux favorisent la
naissance de l'amour. On est loin d'une passion inutile et plus près
d'une folie sacrée où nous trouvons notre origine. Est-il revenu,
le temps de l'amour et des révolutions qui nous rassemblent ?
Il était troublant de voir la mine défaite des socialistes
victorieux devant l'ampleur de leur victoire. Pour l'instant ils n'ont aucun
programme pour répondre aux aspirations des électeurs. Il semble
bien que nous soyons les seuls à défendre un projet sérieux
qui nous engage vers l'avenir, tienne compte au moins des mutations que
nous subissons. Les propositions de notre livre, pourtant bien imparfait, "Sortir
de l'économisme" ont été reprises par ATTAC et Bernard
Maris
(Oncle Bernard de Charlie-Hebdo). Plus que jamais je pense que des
coopératives municipales
devraient se mettre en place sans tarder.
Sinon, de mon côté, tout tombe à l'eau encore.
Oubliées les publications. Les perspectives d'être
payé pour ma recherche s'éloignent aussi. Rien de brillant du
côté des écologistes. Je ne parle pas du truc de l'ONU,
si décevant, ni de mes amours ! Je me sens de nouveau loin de tout et bien isolé
(de nouveau la déprime, le découragement, la détresse...)
Point de vue psychanalytique sur la sexualité féminine,
à partir du congrès de psychanalyse d'Amsterdam en 1960 (Perrier-Granoff,
Dolto) jusqu'aux recherches sur la féminité de Michèle
Montrelay (1970) et les quelques indications de Lacan (dans Encore, Télévision,
l'Etourdit). Etre ou avoir le phallus, la jalousie envieuse ou l'angoisse
de castration, récriminations ou infidélités. Le mariage
d'amour et le déclin du patriarcat aggravent plutôt les impasses
du rapport sexuel en voulant nouer l'amour et la loi tout en réduisant
son caractère transgressif. La sexualité féminine reste
obscure aux femmes elle-mêmes car "les femmes s'ignorent en tant que
femmes". Elles éprouvent une jouissance qui reste inconsciente, jouissance
"supplémentaire" qui les divise.
Etudes sur l'amour, José Ortega y Gasset, Rivages
Le choix amoureux est largement inconscient mais c'est un véritable
choix, manifestation de notre liberté, de nos préférences, de nos valeurs
et de notre projet de vie, non pas d'une "cristallisation" illusoire. Dès
lors, ce n'est pas le coup de foudre qui compte, ni la jouissance sexuelle,
mais bien la vie commune, son institution, l'amour n'étant pas désir mais
union active dans la vie quotidienne, projet commun conscient autant qu'accord inconscient.
Après avoir tordu le cou à toute espérance, l'étonnant
est d'être encore là, et bien vivant. Dans ces périodes
de désorientation totale et d'échecs répétés,
sans aucune visibilité à court terme, il faut se replier
sur une morale provisoire, morale de la précarité, d'un homme
de peu de foi, d'un sens qui ne tient pas le coup, de promesses intenables,
du bricolage et du sauve-qui-peut, de l'humiliation et de l'injustice.
L'époque ne laisse nulle espérance que de vieux rêves
usés...
Colette (Le génie féminin 3.), Julia Kristeva
Il fallait une intellectuelle reconnue comme Julia Kristeva pour réhabiliter
le témoignage de Colette sur la libération féminine
et la (bi)sexualité de la femme, sa mère-version, identification incestueuse à
la mère archaïque retrouvée, avec ses relations triangulaires,
la guerre des sexes qui sépare inexorablement les amants d'hier, la
malédiction de l'amour et de ses jeux pervers qui nous laissent de
plus en plus solitaires...
Ce n'est pas en développant encore plus les réseaux de
communication qu'on va réduire la "fracture numérique"
mais en développant la formation, l'assistance et la
médiation. L'ère de l'information, c'est l'ère des
régulations (de l'écologie) et du développement
humain (revenu garanti, formation, investissement dans l'avenir).
Je suis de nouveau au chômage, sans perspectives pour
l'instant... Mon chat préféré a reçu un
coup de feu. Il a la patte cassée et parait bien mal en point ! Heureusement, la santé et le
moral tiennent bon (on ne sait comment!).
Le couple inconscient, Paul-Laurent Assoun, Anthropos, 1992
L'amour et la littérature sont avec le foyer et les
enfants des domaines où c'est la femme qui fait la loi. Le
masochisme pourrait être l'aboutissement de l'amour courtois mais
l'amour postfreudien serait condamné à la farce ou l'inceste. Dans son roman Adolphe,
Benjamin Constant témoigne de son
impossibilité à se soumettre à la loi
féminine, déchiré entre amour et
liberté. Lou Andreas-Salomé résoudra la question
par la distance et la sublimation dans l'art ou le mysticisme de la
nature. Ce n'est pas à ce prix que les promesses de
retrouvailles de l'amour pourront
être tenues, mais de pouvoir vivre ensemble durablement, avec
assez d'humour. Il semble bien pourtant que la seule solution stable, c'est
d'avoir deux amours, malgré qu'on en ait...
Article pour EcoRev' no 17
La question de la sécurité sociale change de sens avec
l'ère de l'information, le devenir immatériel du travail
et sa précarisation. On passe d'une logique d'assurance
(Bismarck) ou d'assistance (Beveridge) à une logique
d'investissement (Amartya Sen), de développement local et humain
où il ne s'agit plus d'assurer un strict minimum pour garder la
pression de l'insécurité sociale mais bien d'un
développement des capacités et de l'autonomie des
personnes. Les protections sociales devront d'universaliser (comme la
CMU) et ne plus dépendre d'un emploi intermittent afin d'assurer, en
premier lieu, un revenu garanti, mais devront s'appuyer aussi sur une
politique de développement local et des coopératives
municipales.
Rien de ce que je fais ne semble aboutir, cela me prend tout mon temps
sans me permettre de vivre, et j'ai déjà écrit sur
à peu près tous les sujets, je suis bien tenté
d'arrêter... (si je peux!) Il faut absolument que je me consacre à trouver un emploi.
Suite à une mauvaise manipulation j'ai dû reformater mon
disque dur et j'ai perdu tous les courriers du 8 au 16 juin ! J'ai
reçu une contribution de Corée du sud (!!) mais j'ai
perdu messages et adresse électronique...
Il n'y a pas lieu de faire preuve d'optimisme face aux nouvelles
technologies. Au contraire, c'est en reconnaissant les effets pervers
de
ces nouvelles technologies et nos échecs à en tirer parti
que nous avons une chance de les surmonter. D'autant plus que la
fonction de la cybernétique et de l'information, c'est justement
de
nous permettre de corriger le tir, de rétroagir à
l'écart entre nos
objectifs et les résultats effectifs.
L'entropie est statistique, il n'y a pas de conservation de l'entropie,
mais créations et pertes d'information, contrairement à
l'énergie, c'est ce qui permet à la vie de lutter
grâce à l'information contre la mort qui la menace toujours. Si
l'entropie ne doit pas être confondue avec l'énergie comme on le fait trop souvent, il ne faut pas
l'assimiler non plus à l'information car c'est le contraire de
l'entropie !
Après
une très dure période de presque un mois à cause d'une interminable rupture (du 9 au 13
juillet), je
retrouve enfin la
sérénité et la pleine forme ! J'essaie de
faire une version plus abordable de l'ère de l'information pour
Fayard.
J'ai mis mon fils (qui entre en terminale) un peu à contribution
pour rendre plus compréhensible la
première partie, et c'était bien sympa. C'est la
première fois que j'illustre un texte avec de
nombreuses images. Ce n'est pas sans intérêt mais c'est
beaucoup de travail et de temps. Je ne fais plus rien d'autre et j'en
ai au moins
encore jusqu'à la fin août...
Il s'agit de montrer les enjeux du passage de la société de
l'énergie à la société de l'information en approfondissant les
caractéristiques du concept d'information et les conséquences
économiques ou sociales des technologies numériques pour déboucher sur
un projet de société écologique, une production immatérielle et le
développement humain. Sans céder aux illusions des idéologies de la
communication ou d'un quelconque progressisme, on ne peut se passer
d'évaluer les menaces et les opportunités de notre situation historique
afin de passer de l'histoire subie à l'histoire conçue.
Le
livre m'a un peu épuisé (c'était pas des
vacances!), mais j'en suis venu à bout à temps. Il va
être présenté à Fayard et j'espère
avoir une réponse fin septembre. L'accueil est
pour l'instant très favorable aussi je goûte enfin
quelques moments de satisfaction et de repos, même si je sais
qu'il y a bien des imperfections. Je n'ai pas réussi
à faire aussi simple que je l'aurais voulu, ce n'est
sûrement pas un travail inutile pour autant. De nombreuses
questions cruciales y sont abordées qui méritent un
débat public.
Les propriétés désinfectantes (antibactérienne et antifongique) de
l'extrait de pépins de pamplemousse ont été découvertes en 1979 et sont
étonnantes. Encore trop méconnu, bien que ce soit un médicament
enregistré, cela pourrait être une alternative sanitaire bon marché
surtout pour les pays pauvres mais pas seulement. Des recherches complémentaires semblent
nécessaires pourtant.
A ma grande surprise, le texte du mois de mars "la révolution amoureuse" a été ressorti et mis à la une pendant quelques jours (autour du 15) par "l'autre portail", provoquant un pic de
fréquentation (+1000). La résurrection de cet appel
à l'insurrection (et à l'amour) m'a semblé un bon
signe, signe du printemps qui vient avec l'automne (alors que la
rentrée est si triste). Plusieurs textes
peuvent ainsi continuer leur chemin vers une audience plus
élargie et dans quelques têtes aussi peut-être, qui
sait ? Ce n'est pas que je crois à une révolution
imminente, le terrorisme a toujours empêché les
révolutions, mais la taupe continue de creuser...
Comment le jeune et ambitieux Einstein s'est approprié la Relativité restreinte de Poincaré, Jean Hladik
Le génie se manifeste par son caractère fulgurant qui rassemble et s'approprie les savoirs disponibles. La
propriété intellectuelle d'une découverte peut
toujours être contestée car l'intellect est commun, toute
découverte est collective mais le rôle de l'auteur,
l'orientation qu'il donne, l'agitation qu'il suscite, restent
irremplaçables. C'est ce qu'illustre la loi de la gravitation de
Newton (découverte par Hooke) ou celle de la relativité
restreinte d'Einstein (reprise à Poincaré) mais, dans un
tout autre domaine, on a contesté la paternité des
thèses de Guy Debord attribuées à Anders ou
à d'autres... Ce qu'il faut contester, c'est la
propriété intellectuelle.
Avant le Big Bang, Igor et Grichka Bogdanov
Bien que ce best-seller prétende dévoiler le
mystère de nos origines et défende des hypothèses
assez délirantes débouchant sur une mystique des nombres
et la création de l'énergie par l'information, il permet
d'aborder malgré tout certains aspects de la physique actuelle
et notamment ce qu'on peut imaginer d'une "physique" subquantique. La
notion de "temps imaginaire" pour l'information est suggestive sans devoir être prise trop au sérieux.
Il faut arrêter de confondre les phénomènes purement physiques
"d'auto-organisation" qui relèvent des théories du chaos avec les
processus basés sur les rétroactions d'information et l'autonomie
d'organisation. L'équilibre thermodynamique (des marchés) n'a rien à
voir avec l'homéostasie (d'un organisme régulé). Au contraire du laisser-faire
libéral, nous devons nous organiser avec le maximum d'autonomie pour
atteindre nos objectifs écologiques et humains.
Article pour EcoRev' no 18 (dossier sur l'engagement)
Le post-totalitarisme néo-libéral, la critique du
militantisme et les nouveaux réseaux ont
déconsidéré l'engagement politique. Les nouvelles formes de
militantisme se révèlent bien insuffisantes face aux
enjeux écologiques globaux. Nous devons reconstruire un projet
collectif, de nouveaux engagements à long terme, de nouvelles
organisations, de nouvelles pratiques.
J'ai
enfin eu la réponse de Fayard,
hélas négative ! Malgré mes efforts pour m'ouvrir à un plus large public, il semble que ce livre ("Le monde de l'information")
reste confiné à une collection scientifique alors que sa
finalité est surtout politique... Ce
serait déjà bien qu'il soit publié, et j'essaie
d'autres éditeurs (une traduction anglaise a été
envisagée puis abandonnée par incapacité du
traducteur), mais je ne
peux trop y compter dans l'immédiat et il parait bien inutile
d'en
rajouter pour le moment. C'est l'occasion de faire une pause
au moins et de sortir du virtuel. En attendant je cherche du travail
sans en trouver, comme des millions qu'on voudrait rendre responsables
individuellement d'un chômage de masse !
2005 - Amélioration, émergence, Europe, Belgique, émeutes, blog, premier livre (52 ans)

Après
une suspension de toute écriture ou lecture depuis plus de 3
mois à chercher (vainement) un emploi, je devais finalement être
réengagé par le
GRIT,
ce qui m'amène à
reprendre mon travail de recherche. Je pensais (à tort)
retrouver des conditions normales de vie. Bien que restant très
critique
envers les illusions d'Internet et de la politique actuelle ainsi que
sur l'utilité de ce que je peux faire j'ai donc repris
l'écriture et le site, d'abord limité aux textes
écrits pour le GRIT ou pour
EcoRev', avant que le référendum ou les émeutes ne
remettent au premier plan son rôle politique. Comme si tout ce
travail ne valait qu'à permettre d'éclairer
l'actualité à chaud, quand la confusion règne dans
les esprits. Il n'y a aucune assurance que j'en sois capable et je
m'étonne de n'avoir rien à renier de mes analyses sinon
une propension à anticiper avec trop de précipitation une
inévitable révolution mais si ce n'est pas encore la
révolution ici, du moins les tensions s'accumulent et
l'Amérique latine nous précède sur cette voie.
La relativité (restreinte), 01/05, 31k
Plutôt que de "vitesse de la
lumière" il vaudrait mieux parler de constante de structure de
l'espace-temps ! Toute vitesse étant relative,
l'accélération du temps est réciproque (tout comme
la contraction des longueurs) entre deux corps en mouvement qui se
voient sous le même angle dans l'espace-temps de Minkowski. Ce
n'est pas si exotique qu'on pourrait le croire puisque les champs
magnétiques et la lumière sont des effets relativistes !
Il faudrait se rendre compte que plus une particule est massive et plus
elle est petite (elle s'enfonce dans l'espace-temps), plus les
distances et le temps s'allongent.
Je fais de la physique pour me délasser, pour échapper au
monde mais je n'ai vraiment recommencer à écrire qu'avec
le texte suivant (et une promesse d'embauche...) :
[GRIT] Le monde de la reconnaissance, 25/01/05, 10k
A l'occasion de la publication pour le 40ème anniversaire du
Nouvel Observateur d'un numéro spécial sur 25 grands
penseurs du monde, l'importance de la reconnaissance des autres.
"L'idée
que les individus se font de leur propre valeur dépend de la
manière dont autrui se comporte à leur égard".
[GRIT] Les mensonges de l'économie, 26/01/05, 12k
Les mensonges de l'économie, J.K. Galbraith, Grasset, 2004
L'économie est purement idéologique. C'est un dogmatisme d'ordre
religieux camouflant la réalité des faits derrière son apparence scientifique qui sert à justifier
l'ordre établi aussi bien qu'à couvrir toutes sortes d'escroqueries.
[EcoRev'] La relocalisation de l'économie par les monnaies locales, 01/02/05, 23k
L'argent n'est pas neutre. Le manque d'argent bloque les
échanges et produit du chômage, trop d'argent produit de
l'inflation. Des monnaies locales sont nécessaires à une
politique de développement local et de relocalisation de
l'économie mais ce n'est qu'un élément dans
l'organisation et la dynamisation des échanges locaux. On ne
peut faire n'importe quoi et tout dépend des politiques
menées. Il faut considérer la monnaie comme un
moyen de répartition et un système d'information, la régulation monétaire
devant toujours s'ajuster aux résultat (article initialement
pour EcoRev' no 19 mais qui a été très
critiqué!).
[GRIT] Les réseaux de neurones, 04/02/05, 9k
Pour la Science, 09/2004 et 01/2005
Deux mécanismes nouveaux renouvellent notre compréhension des réseaux
de neurones. Les astrocytes (cellules gliales entourant les synapses)
contrôlent la plasticité du cerveau et constituent un réseau de
communication parallèle à celui des neurones, établissant des
communications avec des aires distantes. Par ailleurs, les récepteurs
cannabiques constituent un mécanisme de rétroaction et d'inhibition des
neurones excitateurs, "inhibition rétrograde" qui se révèle aussi
importante pour l'apprentissage que pour le déconditionnement ou le
surmenage.
[GRIT] La mort au coeur de la vie, 11/02/05, 33k
La sculpture du vivant, Le suicide cellulaire ou la mort créatrice, Jean-Claude Ameisen
On pourrait penser légitimement que la science n'a rien à
nous apprendre sur la mort et pourtant on se rend compte à quel
point la mort est intégrée à la vie, à sa
construction et ses équilibres, depuis l'embryon jusqu'à la vieillesse. Un autre enseignement c'est
qu'il n'y a pas d'organisme isolé car la vie se débat
entre exécuteurs et protecteurs, entièrement
dépendante des informations qu'elle reçoit de son
environnement immédiat.

Pendant ce temps là, deux de mes chats sont morts. Ce
n'était que chats ? Oui mais j'en ai pleuré toutes les
larmes de mon corps. Rien de plus ridicule, mais c'est ainsi. On
s'aimait bien.
Je trouve très étonnantes les résistances et
incompréhensions provoquées par mon texte sur les
monnaies locales. Du coup je ne vais sans doute pas le publier dans
EcoRev'. Comme on me reproche aussi de faire des textes trop longs (et
je comprends bien la saturation de l'information dans laquelle nous
vivons) j'ai donc envie de m'arrêter à nouveau d'écrire
après une dernière mise au point sur l'intelligence
collective. La complexité ne passera pas, c'est
inévitable. Ce sera toujours la bêtise triomphante ! Il vaudrait mieux se consacrer à
l'organisation des forces altermondialistes.
[GRIT] L'organisation de l'intelligence collective, 27/02/05, 16k
L'intelligence
collective ne peut pas se réduire aux mouvements
de foule ou de mode mais exige organisation et médiations face
à la complexité et compte tenu de notre
rationalité limitée. Il n'y aura pas de saut cognitif ni
d'alternatives aux marchés de masse sans une nouvelle
organisation collective permettant l'instauration d'une difficile
"démocratie cognitive" basée sur des minorités
actives.
Voir discussion (avec Edgar Morin entre autres) du texte repris sur : http://endehors.org/news/7248.shtml
[EcoRev'] L'écologiste sceptique, 13/03/05, 17k
L'écologiste sceptique, Bjorn Lomborg, Le cherche midi, 2004 (EcoRev' no 19)
Il est bon d'être sceptique et de remettre en causes ses
préjugés mais si tout ne va pas forcément de pire
en pire comme le croient la plupart des écologistes, on ne peut
faire confiance au marché et à la croissance pour que
tout s'améliore comme en est persuadé Lomborg. Il a
raison de faire de la misère le problème
écologique le plus grave mais son utilisation des statistiques
se révèle frauduleuse appliquée à des
phénomènes non-linéaires.
Le référendum sur la constitution
européenne mobilise de plus en plus de monde et risque de
détourner le mouvement social. On assiste à un
phénomène d'émergence et on constate que ce n'est
pas l'interaction des individus ni le préindividuel qui est
déterminant mais plutôt l'effet sur l'autre qui le
constitue en sujet, l'effet du non sur les partisans du oui et la commission européenne. Pour l'instant, c'est le chaos
qui s'annonce plus qu'une
révolution qui manque d'alternative crédible. Le
pétrole monte, le
dollar baisse, l'inflation reprend sous la pression de la croissance
chinoise qui change toute la donne...
Catastrophisme, décroissance et alternative écologiste, 23/03/05, 10k
Rien ne sert de crier à la catastrophe, ni de vouloir une
décroissance, il faut savoir quel destin commun nous voulons
nous construire. On ne se sauvera pas tout seul, la solution sera
collective, construction d'une économie relocalisée et
tournée vers les services et l'immatériel, le
développement humain en premier lieu par un revenu garanti, et
la dynamisation des échanges locaux grâce à des
coopératives municipales ou des Systèmes d'Echanges
Locaux (SEL). On peut s'y mettre sans attendre. (argument pour une tournée en Belgique du 18 au 20 avril)
En attendant une réponse qui ne vient pas pour mon
supposé emploi-tremplin, de nouveau au plus bas, sans pouvoir
plus rien payer ni rien décider, avec une rechute sévère de la santé...
L'éco-socialisme (d'un socialisme écologisé à l'écologie sociale), 13/04/05, 10k
L'écologie-politique est nécessairement anticapitaliste
si elle veut remonter aux causes de la crise écologique et
constituer une alternative au productivisme. On peut regrouper sous le
nom d'éco-socialisme les écologistes qui veulent
construire une alternative au capitalisme mais cela recouvre deux
tendances opposées : un socialisme écologisé (le
communisme plus l'électricité solaire) en
continuité avec le marxisme-léninisme et une
écologie sociale fondée sur de tous autres principes
(relocalisation de l'économie, démocratie des
minorités, développement humain) en rupture avec le
passé et clairement
post-totalitaire. (texte écrit à la demande des "Jeunes
à Contre Courant" pour la tournée en Belgique).

A l'invitation de jeunes belges (Jeunes à Contre Courant
http://www.jcc.lautre.net/)
j'ai donc fait une tournée en Belgique : le lundi 18 Avril
à "L'espace
Marx" de Bruxelles (avec Isabelle
Stengers, sur l'anticapitalisme). C'était un peu décevant
bien qu'il y ait eu plus de 50 personnes. J'avais voulu être trop
bref pour laisser place à la discussion mais du coup je n'ai pas été
compris et nous
n'étions pas sur la même longueur d'onde avec Isabelle
Stengers. Heureusement la suite a été bien mieux. Le 19 Avril
à Liège (Casa Nicaragua, sur la
décroissance) il y avait beaucoup de monde et la discussion
était si
passionnante qu'on ne pouvait plus arrêter la réunion ! Le lendemain
(Espace Marx Liège, sur l'anticapitalisme) j'ai essayé de rattraper
l'échec de
Bruxelles en tenant compte de l'expérience passée. Le débat était assez intéressant mais plus
confidentiel. Du moins j'ai pu constater les malentendus
suscités par
mes propositions : la relocalisation étant assimilée
à une impossible
autarcie, voire la reconstitution des frontières, et comme si la construction d'alternatives locales pouvait
dispenser des autres luttes écologiques, politiques ou sociales plus globales. Ce cycle de
conférences m'a été d'un grand enseignement et le
séjour en Belgique très sympathique mais on ne peut
guère être optimiste pour l'instant sur les chances d'une
alternative politique et d'une convergence des luttes.
Suivant la suggestion d'un lecteur j'ai
ajouté le 22 avril, en fin de page, la possibilité de m'envoyer un
soutien financier avec "PayPal".
[Europe] Europe, AN 01 (la dynamique constituante du non), 28/04/05, 9k
Loin d'être un non à l'Europe et l'isolement de la France,
le non à cette constitution peut déboucher sur une
réappropriation de la construction européenne par les
citoyens européens et une dynamique constituante.
J'ai bien cru que mon ordinateur était foutu. Il ne voulait plus
démarrer. Tout semble remarcher et j'ai fait mes sauvegardes
mais j'évite de l'éteindre maintenant. Pourvu que
ça dure... Ce n'est pas la seule machine qui me lâche, je
passe mon temps à essayer de réparer la machine à
laver, la chasse d'eau, l'évier, etc. Heureusement je vais plutôt bien en ce moment !
[Europe] Le dernier combat contre le totalitarisme du marché, 05/05/05, 13k
Il y a une profonde scission entre les partisans du oui et ceux du non,
reproduisant l'opposition de classe entre dominants et dominés.
Ce n'est pas une opposition entre européens et nationalistes
mais sans doute le dernier combat contre une société
totalitaire de marché, contre l'institutionnalisation du
libéralisme et d'une "concurrence libre et non faussée"
empêchant toute relocalisation de l'économie. Enfin le
déni de la parole citoyenne et de toute possibilité de
renégociation de la constitution manifeste qu'on n'est plus dans
une démocratie mais bien dans une oligarchie fondée sur
l'économie et dépossédant les citoyens de tout
pouvoir.
[Europe] Déclenchement du Plan B !, 13/05/05, 13k
L'existence d'un plan B balaye les discours catastrophistes des
partisans du oui ainsi que les prétentions du camp du non
à rédiger une constitution alternative. Dès lors
refuser cette constitution c'est au minimum l'améliorer et
même peut-être provoquer un grand débat à
l'échelle de l'Europe, véritable fondation historique et
appropriation citoyenne.
[Europe] Le rêve européen : appel pour une constituante, 22/05/05, 5k
De tous les pays viennent des encouragements au refus des
Français de cette trop mauvaise constitution et l'appel à
la convocation d'une assemblée constituante élue
démocratiquement par tous les pays européens.
L'appel pour une constituante a
été entendu et une pétition a été
lancée (sans succès) mais j'ai encore eu une grosse panne d'ordinateur,
coupé du monde pendant plus de 2 jours !
[GRIT] Même les animaux savent coopérer..., 25/05/05, 17K
Le commerce chez les animaux, Frans de Waal, Pour la Science, 331, Mai 2005
Contrairement
à ce qui se dit partout, la
simple observation suffit à montrer que la plupart des animaux
vivent en société et coopèrent plus qu'ils ne sont
en compétition. Il y a bien sûr de purs rapports
de force mais il y a aussi négociations, échange de
signes, réciprocité, engagement dans une action commune.
Nous avons intérêts collectivement à la
coopération, d'autant plus à l'ère des savoirs qui
se partagent et se complètent. Pour qu'il y ait un
marché, il faut d'abord une société qui marche. La
cohésion et la solidarité sociale sont une condition de
la stabilité économique. "Au moment où
la société découvre qu'elle dépend de l'économie,
c'est l'économie qui dépend de la société"
(Debord).
[Europe] Et maintenant, quelle politique monétaire ?, 01/06/05, 10k
On ne peut tout attendre de l'Europe ni de la baisse des taux une
baisse significative du chômage car
cela risquerait d'aggraver la bulle immobilière. Il faut
réduire les écarts
de revenus, augmenter les minima sociaux et créer des monnaies
locales, c'est-à-dire privilégier les politiques qui
partent du local (bottom/up) sur les politiques globales
imposées de haut (top/down).
Pour l'instant les responsables européens se font peur et
commencent à peine à penser à réagir et
réorienter la construction européenne avec leurs peuples
et non contre eux. Ils ont du mal mais ça viendra et on verra
que la dynamique du non est positive, qu'il fallait mettre un terme
à l'Europe technocratique. Hélas il sera difficile de
faire quelque chose avant la rentrée maintenant !
De mon côté je craque à nouveau, je n'y arrive plus, trop de
machines en panne (la machine à laver est foutue, la voiture va mal...). Toujours rien
côté travail et le compte en banque dans le rouge!
[GRIT] Trous noirs dans le principe de précaution, 03/06/05, 10k
Des trous noirs en laboratoire, Bernard Carr et Steven Giddings, Pour la Science, 332, juin 2005
On envisage la production de minis trous noirs dans le
prochain
accélérateur de particules LHC de Genève. Bien
qu'il soit très peu probable que ces trous noirs finissent par
engloutir toute la planète, ce n'est qu'improbable car on est
complètement dans le noir, on n'est même pas
complètement sûr qu'ils existent, on ne peut donc exclure
non plus l'accident. C'est vraiment très excitant,
au moins autant que le saut à l'élastique! Il serait
dommage de réserver ces sueurs froides aux seuls scientifiques...
[EcoRev'] Ecologie-politique et crise de l'énergie, 04/06/05-11/07/05, 18k (EcoRev' no 20)
On ne peut réduire l'écologie à l'énergie
ou au catastrophisme, l'écologie est un projet politique. La
crise du pétrole n'est pas la fin du monde ni, hélas, des
émissions de gaz à effet de serre. Nous devons
privilégier les économies d'énergie et le solaire.
Les jeunes éditions è®e m'ont demandé un petit livre
sur l'écologie et j'ai commencé à en rassembler
les textes : L'écologie-politique à l'ère de l'information, 06/06/05, 17k.
[parution le 20 janvier 2006,
128 pages. 11 euros, existe aussi en version lybè®e, version
numérique gratuite d'un livre papier payant,
www.editions-ere.net]
[EcoRev'] Les théories énergétiques de l'écologie, 06/06/05, 19k (EcoRev' no 20)
Economie et écologie, Franck-Dominique Vivien, Repères, La découverte, 1994
Aussi étonnant que cela puisse paraître, depuis
l'origine de nombreux théoriciens ont réduit l'écologie à la question
de l'énergie, jusqu'à faire de l'énergie la seule valeur objective (émergie des frères Odum, technocrates). A
l'ère de l'information tout ceci n'a plus de sens et même pour les
écosystèmes la circulation de l'information a pris le pas sur
les équilibres thermodynamiques. Il n'en est que plus instructif de
revenir sur ces conceptions dépassées et technocratiques de l'écologie avec ces extraits
du panorama qu'en dresse Franck-Dominique Vivien.
Toujours pas de réponse pour mon supposé
"emploi-tremplin", on ne peut faire confiance à l'administration
ni aux annonces des régions socialistes ! Je vais essayer de
trouver un emploi saisonnier (c'est pas gagné...). Depuis le
référendum et le nouveau gouvernement, j'ai tendance
à croire que la bêtise triomphante règne partout,
en premier lieu dans nos "élites" dominantes, c'est vraiment
désespérant.
[EcoRev'] Entropie et décroissance, 10/06/05, 22k
La décroissance, entropie-économie-écologie, Nicholas Georgescu-Roegen
Outre le fait qu'il refuse l'interprétation statistique
de l'entropie acceptée par tous les scientifiques, on peut
reprocher à Georgescu-Roegen de ne pas comprendre le rôle
de l'information dans la résistance à l'entropie et de
tomber avec la décroissance dans une vision trop technocratique
et quantitative de l'écologie qui doit être plutôt
un projet politique et humain.
J'ai reçu quelques soutiens (c'est toujours aussi
magique) qui m'ont permis de réduire mon découvert. Mon
portable semble remarcher depuis une bonne semaine maintenant (pourvu
que ça dure), ma vieille voiture roule toujours et j'ai
trouvé une machine à laver chez Emmaüs pour 40€ !
Rien de
réglé encore mais l'impression que la tempête est
passée sans trop de casse, une fois de plus, et de pouvoir
souffler un peu. Enfin, c'est façon de parler parce que je suis
de nouveau dans une frénésie d'écriture comme je
n'en avais pas connue depuis longtemps ! Je voudrais me
dépêcher de finir tous les textes en cours pour me
consacrer à nouveau à chercher du travail mais il y en a
trop (les textes pour EcoRev', le livre à éditer,
une synthèse sur écologie et information, enfin un dernier texte
sur l'Europe). Il semble que plus je m'imagine
arrêter toute écriture, d'en avoir déjà trop
dit, plus il devient urgent de dire ce que je n'ai pas dit encore...
(et puis quand j'entends des bêtises auxquelles personne ne
répond, j'ai du mal à ne pas m'en mêler!)
[Europe] Le retour au pays (du local au global, écologiser l'Europe), 03/06/05-15/06/05, 18k
Le rejet de la constitution européenne n'est pas un repli sur
soi et le retour du nationalisme mais une inversion de la construction
européenne à partir de sa base, dès lors que
l'Europe est d'une certaine façon achevée et qu'on ne
peut plus en sortir, illustration de la dialectique. C'est l'exigence d'une
relocalisation de l'économie, d'une conception plus
écologique d'une Europe des peuples bien différente du
modèle des Etats-Unis.
J'avais cru que mon portable remarchait car je n'avais pas eu de pannes
depuis presque 15 jours, mais il vient de m'en refaire une
sévère et j'ai perdu des courriers (y compris tout mon dossier Sent) !
[AgoraVox] Des antioxydants contre la rouille qui nous ronge, 21/06/05, 6k
Le stress oxydatif a un grand rôle dans le vieillissement et la plupart
des maladies dégénératives mais n'est pas encore assez pris en compte
par la médecine.
[EcoRev'] L'avenir solaire, 24/06/05, 17k
Le solaire est notre avenir même si ce n'est pas pour demain car le
solaire est la seule énergie presqu'inépuisable et non polluante, mais
qui reste encore trop chère... Les nouveaux produits annoncent une
chute des prix qui permettrait d'en généraliser assez rapidement
l'usage, dès qu'ils seront disponibles (films plastiques, peintures à
capteurs infrarouges, etc).
L'écologie-politique à l'ère de l'information, 16/06/05-26/06/05, 38k
L'écologie est beaucoup plus liée à l'information
qu'on ne croit, informations sur les dégradations de notre
environnement, sur les catastrophes qui nous menacent (principe de
précaution), rétroactions permettant toutes sortes de
régulations vitales. L'écologie-politique combine
théorie des systèmes et théories de
l'auto-organisation, finalités et autonomie,
réintégrant des régulations dans notre
écosystème. Il y a une totale solidarité
entre l'ère de l'information, l'écologie et
le développement humain, l'un appelant les deux autres.
Ouf ! Jamais je n'avais tant écrit en un mois ! Pour
quelqu'un
qui veut s'arrêter d'écrire et aspire au silence, on peut
dire que c'est raté... J'ai passé la fin du mois à
Paris, du 27 au 30 juin.
[AgoraVox] Autour de l'origine de l'homme, 02/07/05, 24k
A l'aube de la pensée symbolique, Pour la Science, no 333
L'origine de notre humanité remonterait à une catastrophe
écologique et une mutation génétique vers -60000
ans, défaut dans l'être nous ouvrant au langage, à la culture, à l'imaginaire, à l'amour
et au culte des morts.
Je ne compte plus sur "l'emploi-tremplin". Il semble que les
régions socialistes ne tiennent pas leurs promesses... Me
voilà revenu au point de départ, avec plus rien devant.
Je ne sais pas quoi faire pour trouver un travail qu'on me refuse
partout. En attendant, je continue à écrire, on se
demande bien pourquoi, alors qu'il faut absolument que je trouve un
revenu... Il
n'y a pas que des mauvaises nouvelles pourtant, mon fils vient de
réussir brillamment le bac, le livre sur
l'écologie-politique est sur les rails (mais seulement pour
avril 2006 !!).
[GRIT] La question de l'émergence, 05/07/05, 20k
L'émergence
est la tentative de conceptualiser l'échec du
réductionnisme à rendre compte des
propriétés des systèmes complexes mais il y a
toutes sortes d'émergences résultant d'interactions,
d'effets de masse, de sauts qualitatifs, de conflits d'ordre
supérieur, de configurations de formes, d'un circuit qui se
ferme, de boucles de rétroaction, d'une causalité
descendante ou du langage et de la division sociale. Ce n'est pas la
société qui émerge de l'interaction des individus
mais l'individualisation qui émerge de la société.
[Europe] La restauration de juillet, 11/07/05, 3k
Le
vote du Luxembourg annule le vote de la France et de la Hollande. On
vit une époque formidable ! (ce n'est qu'une pochade car je suis
très content qu'on reparle de constitution mais nos dominants
sont d'une morgue insupportable).
Il est comique de voir à quel point je suis incapable de m'arrêter
d'écrire. Rien de tel pour surmonter les malaises du corps que
de se plonger dans l'écriture. De toutes façons je ne trouve aucun travail. Il ne me
reste rien de mieux à faire qu'à continuer de faire ce
que je fais le mieux, même si j'ai déjà écrit
plus de textes qu'on ne peut en lire, reste à pouvoir en vivre ! J'ai tout de même quelques solides soutiens
puisque je suis toujours là, mais bien trop rares
encore...
[GRIT] L'origine de la vie, 15/07/05-22/07/05, 61k
Le mystère de la vie dévoilé ! De l'ARN autoreproducteur à la cellule, de la
chimie à la biologie, c'est la reproduction et la
sélection par le résultat qui donnent naissance à la
vie, de plus en plus fondée sur l'information à mesure
que sa complexité s'accroît.
L'emploi-tremplin rejoignant les promesses non tenues des socialistes,
on parle des CAE du plan Borloo (Contrats d'Aide au
retour à l'Emploi) qui en sont proches (emploi associatif
subventionné à 90% pour les rmistes) mais il n'y aura pas de suites...
Stress social et détresse des corps, 05/08/05, 28k
Revue de Psychologie de la motivation
La plupart des maladies ont une origine sociale ayant un retentissement
sur l'humeur et sur le corps mais les maladies du stress, que la
médecine de pointe ne sait pas traiter, se développent très rapidement,
ayant valeur de signal de détresse. Plutôt que vouloir renforcer notre
résistance au stress, il faudrait plutôt réduire le stress social.
Chaque maladie accuse la société qui l'a produite, cela n'empêche pas
d'essayer de se remettre en forme selon les principes de bonne hygiène
et des médecines traditionnelles.
J'ai reçu un peu d'argent et je reprends le moral. Si ça
pouvait être plus souvent ! Hélas mon graveur (externe) ne
marche
plus (je ne peux plus faire de sauvegardes) et la santé n'est
pas très brillante... (un terrible mal de gorge depuis plus d'un
mois dont la cortisone viendra finalement à bout).
[GRIT] L'émergence de la conscience, 12/08/05, 78k
La conscience est suspension du sens, conscience de notre ignorance,
manque d'information qui éveille nos sens. On peut dire qu'une
proto-conscience commence avec l'information et donc avec la vie, avec
la boucle de rétroaction qui est le germe de toute conscience
comme intentionalité et conscience de soi. La véritable
conscience commence pourtant avec la conscience animale, la mobilité du corps et un
nombre de plus en plus grand de neurones, augmentant les capacités
d'apprentissage et de choix conditionnels. Une ébauche de
conscience de soi se développe dans la plupart des espèces sociales.
Le langage permet aux humains d'accéder à la conscience de la
conscience ainsi qu'à une conscience de soi qui vient de l'Autre (idéal du moi,
narcissisme). Pour nous toute conscience est conscience morale, responsabilité de nos actes
sous le regard des autres. La "conscience artificielle" n'a pas besoin d'aller
jusque là. Par contre l'émergence d'une conscience
sociale est primordiale pour affronter nos responsabilités collectives et
pour l'action publique. Il semble qu'on ne puisse se passer pour cela
de son incarnation dans un leader.
Je ne suis pas satisfait de mon dernier texte, que j'ai retravaillé
tout le mois d'août (ne pas le lire, il en a lassé
plus d'un!). De quoi vouloir de nouveau arrêter d'écrire
mais toujours pas de nouvelles d'un hypothétique contrat aidé. Je ne sais absolument pas quoi
faire. En attendant, je vais beaucoup mieux, c'est déjà ça !
[GRIT] Ce n'est pas l'énergie qui manque..., 01/09/05, 26k
Newsletter Transversales no 11
La flambée du prix du pétrole n'est pas le pire quand la
maison brûle, cela pourrait être une chance de modifier
notre mode de production et de consommation en réduisant les
transports et en isolant les habitations, surtout que nous ne manquons
pas d'énergies (méthanol, solaire), mais le risque c'est
que rien ne change et que le charbon remplace le pétrole en
aggravant encore pollution et réchauffement climatique.
Je devais participer aux journées d'été des jeunes écolos de Chiche!
le 3 septembre mais ma voiture m'a lâché. Il faut dire qu'il faisait très chaud. Quand
les voyants se sont allumés je suis donc revenu en coupant le moteur
dans les descentes... Content d'avoir pu rentrer sans dommages
apparents mais bien déçu de faire faux bond à des militants que
j'aime bien. J'avais surestimé ma vieille voiture à vouloir lui
faire faire presque 200 km et qui m'a lâché après 50km seulement !
Avec la rentrée reviennent les problèmes de fric ! Il y a
les impôts locaux à payer, le robinet d'évier
à changer, la voiture à faire réparer, le
chauffage à prévoir... Heureusement c'est l'époque
des vendanges qui commence (gare aux prédateurs) mais là
j'ai encore un coup de déprime. Trop de ratés et rien en
vue. Pour couronner le tout, l'ANPE vient de me refuser un emploi car je
n'ai pas de diplôme bac+3 ! Ce serait à en rire si ce
n'était à pleurer. Je ne sais pas comment je vais m'en
sortir.
...
Après cette période de vide et de désorientation, occupé
à péniblement finir la newsletter du GRIT, je vais pas mal du tout
depuis mon anniversaire que j'ai fêté tout seul mais avec
une assez bonne récolte, un beau temps d'arrière saison et un
grand moment de calme malgré les problèmes de robinet qui
fuient... Je m'en tire ric-rac grâce à la Suisse encore cette fois ci !
Pour le chauffage on verra un peu plus tard. Mon livre "L'écologie-politique à l'ère de l'information"
devrait sortir en janvier 2006 au lieu d'avril, il faut donc que je
m'en occupe dès maintenant.
Entre les ânes à qui je donne des
carottes, les chats qui font des câlins, le soleil à peine
voilé qui se fait désirable et doux, entre les rares
figues et le raisin trop abondant, c'est un moment plein de nostalgie
à se savoir précaire, annonçant le froid qui
revient et nous a déjà glacés jusqu'aux os ! (il
nous débarrassera au moins de ces maudits aoûtats qui
peuvent durer maintenant jusqu'en décembre, hélas...)
[ATTAC] Sortir du chômage avec un revenu garanti, 24/09/05, 10k
Le chômage de masse est keynésien (ce n'est ni un
chômage frictionnel, ni un chômage "classique") sa solution
est largement monétaire, la relance de l'activité passe
par l'augmentation du pouvoir d'achat des pauvres et donc par un revenu
garanti décent permettant d'augmenter les salaires et de
relancer une inflation indispensable pendant la phase de croissance du
cycle de Kondratieff. Les monnaies locales devraient y participer pour
relocaliser l'économie et sortir du productivisme. [contribution pour le
groupe emploi du conseil scientifique d'ATTAC qui m'avait invité à les rejoindre]
Ce n'est pas si souvent mais je suis donc dans une bonne période,
après avoir perdu encore toute visibilité le mois dernier
voilà
que tout s'annonce bien pour cette fin d'année depuis mon retour à Paris du 30/09 au 7/10. J'ai reçu
soudain de quoi payer mon bois pour l'hiver et s'il n'y a pas de
catastrophes je devrais tenir jusqu'à décembre. Le livre
devrait être imprimé début décembre s'il n'y
a rien qui retarde (sortie en janvier).
Le dernier EcoRev' a un certain succès. Le débat sur
l'énergie avec Yves Cochet le 5/10 à la mairie du
IIème était une grande réussite même si je
n'y ai pas été bon. La réunion d'ATTAC
était plutôt décevante mais ce n'était qu'une prise
de contact pour un groupe trop disparate. Dans l'ensemble
plutôt de bonnes nouvelles malgré tout, et je souffle un peu en
savourant les derniers beaux jours. Je n'écris plus beaucoup pris par des
courriers et la préparation du livre...
Les "4è rencontres de l'économie solidaire de Pessac" (le
13/10) étaient bien sympas même si le voyage de retour a
été beaucoup trop long. Heureusement, à l'aller, Daniel
Delarasse (TransverSel)
était venu me chercher. J'ai eu la surprise de constater qu'il y
avait pas mal de gens qui me connaissaient déjà, des
lectrices et des lecteurs réguliers. Cela donne des rapports
familiers bien agréables et rend la communication moins
désespérée. Je ne me trouve guère à
la hauteur en public aussi j'ai été quelque peu
sidéré qu'on dise m'avoir préféré
à l'oral qu'à l'écrit ! J'ai passé de bons
moments, cela ne me persuade pas que ce soit très utile et c'est
un peu trop fatiguant pour ma petite santé aussi je regrette un
peu de n'avoir pas su refuser une invitation pour le prochain FSE de
Bordeaux ! J'aime beaucoup le vin, mais c'est si loin d'ici, surtout en train ! C'est du moins le
signe que je n'ai pas travaillé tout-à-fait en vain,
même si j'ai encore bien du mal à y croire et bien du mal
à persuader de reconstruire par le bas, par le local, mais
surtout à "politiser" l'économie locale (la
démocratiser). Il suffirait peut-être qu'une
expérience se mette en route quelque part de façon un peu
durable pour que l'initiative s'étende rapidement sur tout le
territoire. Pour l'instant c'est loin d'être le plus probable...
En tout cas l'automne ici commence à enflammer tous les
érables d'un rouge éclatant ou d'un jaune lumineux qui
s'éparpillent sur le chemin en taches de couleurs vives.
Il faudrait passer des heures à contempler toutes ces merveilles !
Ouverture d'un Blog le 20/10/05, destiné à prendre la suite de ce
site où il y a déjà trop de textes.
http://jeanzin.fr/
[ATTAC] RTT contre Revenu Garanti, 26/10/05, 20k
Le mouvement social est profondément divisé entre deux
utopies difficiles à concilier. D'un côté le projet de
fonctionnarisation de la société (interdiction de licenciement et plein
emploi par réduction du temps de travail), de l'autre le développement
du travail autonome et des nouvelles forces productives (revenu garanti
et développement humain). Ces projets s'opposent en tous points mais
surtout comme la défense des anciennes institutions d'un côté et
l'adaptation aux nouvelles forces productives de l'autre. La situation
est tragique car, pour les partisans de la RTT ceux qui défendent le
revenu garanti participent à la dislocation des protections sociales
alors que les partisans du revenu garanti accusent l'illusion du retour
au plein emploi de laisser la misère se développer pour ne pas la
cautionner !
Bon moment mais un peu débordé par la sortie d'un
numéro double d'EcoRev' sur les figures de l'écologie et
qui s'annonce historique, plus la mise au point du blog, les
réponses aux commentaires, le courrier ordinaire, ATTAC,
l'interminable sortie de la lettre du GRIT sur l'énergie, la
sortie de mon livre... Pendant ce temps là :
Le soulèvement de la jeunesse, 06/11/05, 10k
Enfin cette jeunesse maltraitée, méprisée, précarisée, marginalisée,
exclue du coeur de la vie se révolte contre ce vieux monde qui était
déjà mort depuis longtemps et ne le savait pas encore. Certes, ce n'est
pas une révolution, ce n'est que de la rage, mais brûler les voitures
n'est-ce pas le rêve de nombreux écologistes ? C'est la lutte qui crée
les solidarités et donne forme avec le temps aux revendications
politiques. Je suis trop loin de tout pour savoir comment les choses évolueront
mais cela m'étonnerait que les escarmouches cessent avant la fin de
l'année (sauf s'il y a des morts) et cette pression peut s'avérer
décisive politiquement, le pire n'étant pas exclu d'un renforcement de
l'Etat policier ce qui devrait obliger les véritables démocrates à se
ranger du bon côté.
L'effondrement des civilisations, 10/11/05, 10k
Dans un dossier assez intéressant sur l'archéologie de la Bible au proche-orient, le magazine La Recherche
du mois de novembre fait état d'une théorie de l'effondrement des
civilisations, de caractère systémique, généralisant des phénomènes
répétés à des millénaires de distance. Ce sont des processus bien
connus mais qui valent d'être médités, passant par les stades de
l'effondrement suivi d'un âge sombre avant la renaissance des
inégalités, des élites politiques et de la civilisation. On ne peut en
tirer la conclusion qu'il faudrait encourager les inégalités car
l'effondrement peut se produire par excès d'inégalités, la véritable
richesse, c'est la cohésion sociale dont inégalités et richesses ne
sont qu'un sous-produit.
L'état d'urgence sociale, 15/11/05
A croire les médias et le gouvernement, la guerre est déclarée. On
pourrait en rire tant l'ordre règne partout sans en être apparemment
troublé le moins du monde. Il n'y a pas de quoi rire pourtant car
l'état d'urgence n'est pas décrété contre des actes isolés de
délinquance mais bien parce que la révolte rencontre des soutiens dans
toute la population, parce qu'il y a un état d'urgence sociale.
L'essor de la jeunesse, Jean-Charles Pichon, Histoire des mythes, 10k (curiosité ésotérique)
Je retrouve enfin un peu de temps libre et de repos après une période trop agitée. Le livre part à
l'imprimeur. Il ne me reste qu'à rédiger mon intervention
prévue à l'université de Marseille le 23
février sur "autonomie et dépendance" et qu'on me presse de fournir.
C'est toujours une excellente période. Il fait très beau et les couleurs de
l'automne illuminent à nouveau tout le paysage alentour.
Les finalités de la vie (information et autonomie), 20/11/05, 11k
Il n'y a pas de vie sans finalités, au point qu'on
peut identifier la vie et les causes finales. C'est ce qui implique le
rôle de l'information, constitutif de la biologie au moins dans
la reproduction et la traduction de l'ADN à l'ARN et aux protéines. On
ne peut séparer vie, information et finalités mais dans un
sens qui exclut tout finalisme dès lors qu'on y fait intervenir
l'information. Les finalités de la vie ne sont pas la reproduction ou
le bonheur mais des finalités partielles sélectionnées par l'évolution ou produites par l'histoire.
Autonomie et dépendances, 22/11/05, 6k
Conférences d'écologie humaine de l'Observatoire
Euro-Méditerranéen Environnement et Santé (OEMES)
de la Ville de Marseille, le 23 février 2006.
L'autonomie est toujours partielle mais plus on est autonome et plus on
a de dépendances, plus on est responsable, plus les
dépendances sont intériorisées. Plus il y a de
libertés et plus il y a de pouvoirs qui les contraignent mais
l'autorégulation par l'autonomie est indispensable
au-delà d'une certaine complexité. A l'ère de
l'information l'autonomie devient indispensable dans la production,
exigence de développement humain et d'un revenu d'autonomie mais
il y a aussi des pathologies de l'autonomie qui renforcent la servitude
volontaire, libéralisme détruisant les libertés
d'individus coupés de tout lien social et ne pouvant plus se
coordonner.
[AgoraVox] Le bluff des "nanobabioles", 28/11/05
Le prix Nobel de physique 1998 Robert B. Laughlin dénonce dans son livre "Un univers différent"
le bluff des nanotechnologies qui sont faites en aveugle, tout comme
les OGM, bien loin d'en maîtriser les produits, encore moins les
processus de fabrication, alors qu'à cette échelle les fluctuations
quantiques posent des problèmes insurmontables. Les nanotechnologies
seraient le dernier avatar d'un réductionnisme dont le physicien
annonce la fin devant l'impossibilité de déduire les propriétés
émergentes de la matière à partir de ses composants atomiques qui ne
sont absolument pas réductibles à des particules solides qu'on pourrait
assembler une à une. L'escroquerie serait du même ordre que celle de la
fusion froide. Les seules véritables nanotechnologies relèvent jusqu'à
ce jour de la chimie ou de la biochimie.
Je ne sais pas encore bien comment je vais gérer mon blog et
l'ancien site. Je n'ose pas mettre sur mon blog des textes trop
techniques comme celui sur les finalités de la vie. C'est
curieux, je l'ai ouvert sous mon nom en pensant y être plus
personnel et moins politique, c'est au contraire l'expression politique
qui prend toute la place et je n'ose plus y parler de moi ! Cela
démontre au moins la fonction politique des blogs et, donc, la
fonction politique de notre vie privée qui s'y expose.
Je suis un peu éparpillé entre le compte-rendu du livre
de Laughlin sur l'émergence, un éclaircissement du
rôle fondateur des révolutions et un projet d'interview en
vidéo. Pour l'instant tout va bien mais le soutien actif qu'on
m'avait promis pour la sortie de mon livre est inexistant ! Il aurait
fallu que j'insiste, mais ce n'est pas mon genre et à quel
titre pourrais-je y prétendre ? On ne parle plus d'emploi non
plus encore une fois ! Ce serait presque une bonne nouvelle
étant donné mon niveau d'occupation et puisque j'ai
reçu assez d'argent pour passer sereinement cette fin
d'année jusqu'au mois de janvier sans doute mais ça reste
encore trop précaire pour la suite...
Penser la révolution, 01/12/05, 18k
Pourquoi parler de révolution ? En l'absence de guerre des
révolutions sont nécessaires périodiquement pour
dépasser les égoïsmes et particularismes, refonder
les solidarités sociales et adapter les institutions. La
prospérité et le marché ne suffisent pas à
faire société. Les révolutions ont à la
fois un caractère social et cognitif, il ne s'agit pas de faire
n'importe quoi mais de créer un nouveau consensus (revenu
garanti, développement humain, relocalisation de
l'économie).
Le moral baisse un peu. Le durcissement de
la droite et la bêtise triomphante ont beau être
prévisibles, ce n'en est pas moins déprimant. La tension
continue à monter.
[AgoraVox] L'Afrique prend de l'avance avec le wifi solaire, 01/12/05
Le projet pour l’Afrique d’un accès Internet wifi, grâce à des
lampadaires alimentés par des panneaux solaires, illustre la
convergence de l’écologie et de l’immatériel.
Les choses s'accélèrent ! Je viens
de répondre à une interview du Monde 2,
sur le mouvement pour la décroissance, il y a un projet de
coopérative municipale qui a des chances de déboucher enfin... Vivement un peu
de calme avant la sortie du livre.
Kit de création d'une coopérative municipale, 05/12/05
Vous voulez créer une coopérative municipale dans votre commune et ne
savez pas comment faire ? Tout dépend du contexte, des moyens, des
rapports de force. Il y a tout à inventer, c'est une aventure
collective mais on peut donner des exemples qui devront être adaptés
aux réalités locales.
ça y est, le livre est sorti !
Les conditions sociales de l'individu et de l'économie, 08/12/05, 15k
Le paradoxe de Robinson, François Flahault, Mille et une nuits, 2005
Démontage de l'individualisme. La vie sociale est à la
base du processus d'humanisation, elle précède
l'émergence de l'individu. Au-delà de l'échange
des biens, une société est un réseau de liens qui
nous donnent existence et reconnaissance, ce qui devrait déboucher sur
une écologie sociale.
Je me calme ! Il ne devrait pas y avoir beaucoup d'autres textes en
décembre car je vais à Paris pendant 1 semaine,
après il y a les fêtes. De toutes façons il faut
que j'écrive moins. Il faut dire que c'est presque à
chaque fois pour répondre à la demande mais je ne suis
pas sûr que le dernier compte-rendu de livre soit indispensable
et personne ne me l'avait demandé celui là ! La
santé s'est d'ailleurs dégradée ces derniers jours
(nervosité et stress), sans véritable raison, je reste
une petite chose trop fragile et qu'il ne faut pas bousculer... Le
séjour à Paris devrait me faire du bien après une
longue solitude même si cela m'inquiète toujours de laisser ma petite maison dans les grands froids.
Chavez et la révolution bolivarienne, 16/12/05
Chavez et la révolution bolivarienne, Le Temps des cerises, 2005
Aussi étonnant que cela puisse paraitre, une révolution est en cours
actuellement au Venezuela malgré le dénigrement systématique des
médias. Certes, la figure d'Hugo Chávez est déroutante pour la gauche
démocratique mais il a gagné toutes les élections et l'on ne peut avoir
une vision idéalisée de la politique qui est
un rapport de forces. Une révolution a toujours des mauvais côtés, mais
il ne s'agit pas que de Chavez. Avec les victoires électorales de
la gauche sur tout le continent, il se pourrait bien que l'Amérique
latine invente sous nos yeux un socialisme démocratique auquel on ne
croyait plus, en démontrant qu'on peut avoir une politique
révolutionnaire sans violences et sans renoncer ni à la démocratie, ni
à réduire les inégalités.
Le mystère de nos origines, 24/12/05
Documentaire de John Rubin et John Bredar (2004)
National Geographic Television, 22 Décembre 2005 sur France 5
à 17h25, 85'
J'ai trouvé ce documentaire particulièrement intéressant, en
particulier pour le rôle crucial attribué au jet de pierre comme
première arme à distance qui aurait suffi à donner la suprématie à
notre espèce. Il est amusant aussi de voir les divergences et
convergences avec les hypothèses autour des origines de l'homme dont je me faisais l'écho il y a 6 mois à partir d'un article de Pour la Science.
Les grands froids de fin d'année paralysent toute
activité (et m'empêchent de remonter à Paris pour
le nouvel an)...
L'année fut bien meilleure que les précédentes et
très productive (47 textes) pour quelqu'un qui voulait
arrêter d'écrire (!) mais avec moins
d'innovations (sauf peut-être sur l'émergence). Ce n'était pas la révolution encore mais
la politique a pris de plus en plus de place (du
référendum aux émeutes des banlieues) ainsi que
les aspects pratiques (relocalisation, énergie). On peut dire
que je commence à vivre sur mes acquis. C'est l'année de
la sortie de mon premier livre ("L'écologie-politique à
l'ère de l'information") et de ma première véritable rencontre (maladroite) avec un public
(tournée d'avril en Belgique,
rencontres de l'économie
solidaire de Pessac). Rien n'est réglé, je n'ai toujours
pas de revenu, mais j'ai moins manqué d'argent. Ma vie est
toujours difficile mais un peu moins avec une santé bien
meilleure même si je me sens de plus en plus vieux...
Parcours sommaire du site (choix de textes 1981-2005), 29/12/05
Un peu écrasé par l'abondance de ma production
passée et doutant toujours de
sa valeur, j'ai essayé, pour me rassurer en ce temps de
bilan, de condenser mon
parcours jusqu'à maintenant et de faire une sélection des
textes de ce site pour les lecteurs de mon blog qui en prend la suite.
2006 - ADSL, Livre, conférences, Newsletter, CPE, philosophie, fin wanadoo (53 ans)
Ma situation est toujours aussi précaire et je ne
sais ce que je vais devenir ni si
je vais continuer cette page ou si je vais me contenter du blog mais
comme je n'ose plus trop y parler de moi, pour l'instant je continue...
En tout cas
l'année 2006 s'annonce très chaude et sans
doute décisive au niveau des équilibres mondiaux. Pas de
raisons pour autant d'être optimiste dans ce monde désorienté...
[GRIT] La théorie holographique de la gravitation,
01/01/06
Pour la Science, no 339, 01/2006, "La gravité : une illusion ?"
Une nouvelle révolution copernicienne ! L'accroche de la revue est un peu trop racoleuse,
rappelant l'affaire Sokal. La gravitation n'est pas une illusion, elle
est bien réelle comme l'alternance du jour et de la nuit, ce qui est en
cause, c'est seulement notre "représentation" (de même que ce n'est pas
le soleil qui tourne autour de la Terre mais la Terre qui tourne autour
du Soleil et sur elle-même).
La mise au point d'une liste de diffusion pour mon blog m'a fait
replonger dans la programmation et c'est très curieux car cela
fait longtemps que je n'avais pas été saisi par ce
démon qui fait qu'on ne lâche plus son clavier de la
journée, dans une frénésie ininterrompue, de plus
en plus épuisé, persuadé à chaque fois n'en
avoir plus que pour 5 mn ! Pas vraiment désagréable,
c'est un peu comme un jeu vidéo, mais très mauvais pour
la santé. On en ressort lessivé, et cette obstination
n'est pas forcément rentable. Cela fait longtemps que je me suis
rendu compte que le sommeil était souvent bien plus productif,
ce qui rend impossible toute mesure du temps de travail ! Sinon, le
plus nul avec dotclear, c'est le manque de commentaires dans les programmes,
incompréhensible pour un programmeur de ma
génération...
[Europe] La reconstitution politique de l'Europe et la reprise des luttes idéologiques, 07/01/05
Après le temps de la bouderie et de la politique du pire, les
gouvernements européens se décident enfin à
remettre en chantier le
"plan B" (rebaptisé "plan D" pour ne pas avoir l'air de se
désavouer
!), sur une base largement conforme à ce qu'on avait
prévu (en
particulier l'abandon de la IIIème partie) avec une possible
innovation
intéressante : un référendum européen
pour le ratifier. On a donc bien
eu raison de voter NON mais il n'est sans doute pas inutile d'essayer
d'approfondir la fracture idéologique qui s'est
manifestée à
l'occasion du référendum entre raison d'Etat et
résistance sociale.
Je ne suis pas très content de ce dernier texte qui me semble
trop compliqué à vouloir mêler la question
européenne aux rapports entre individu et société,
idéologie et revendications... Ce n'est pas sans raisons, c'est
le reflet de mes réflexions du moment mais il faut dire que je
suis un peu
débordé (entre la mise au point du blog, la
préparation de la sortie du livre, des compte-rendus à
faire, etc.) et de nouveau très perplexe sur la valeur
de ce que je fais.
Le moins qu'on puisse dire c'est que je ne me fais
pas la moindre illusion sur la sortie du livre, bien trop
spécialisé pour avoir un succès rapide. Ce n'est
pas tellement un livre à lire ! Ce sont les militants qui y
trouveront des réponses à leurs questions et pourront y
faire référence.
Au moins, ça y est, j'ai l'ADSL et cela facilite tout, surtout
le blog et la programmation php, en espérant que le léger
surcoût sera largement compensé par la baisse de la
facture téléphonique et que mon portable, bien mal en point, ne va pas me lâcher...
Ouf, c'est passé ! C'est comme les fêtes, c'est mieux
quand c'est fait ! La première fois on ne sait pas comment
faire, mais là il ne s'est rien passé ! Ou plutôt
j'ai eu la confirmation que je suis incompréhensible pour la
plupart, mon style étant considéré comme
carrément détestable pour certains, alors que d'autres, bien plus rares, ont pu
trouver le "texte lumineux et enthousiasmant" !
L'interview sur la décroissance devait
sortir en février et j'ai dû le retirer avant sa
publication par le Monde 2 (qui se fera le 24 mars avec seulement le
début de la première phrase!). On ne peut dire pourtant
que j'aspire
à une quelconque publicité dont je n'attends rien de bon.
Il n'y a bien sûr
aucune chance que
les propositions de mon livre soient prises en compte, il semble qu'on
va décidément à la catastrophe entre les mesures
gouvernementales, les positions des syndicats et l'incurie des
écologistes... Il ne reste plus qu'à attendre la
montée des prix du pétrole, la reprise de l'inflation et
une période (qui peut être courte mais
sévère) de crise
économique et de tension sociale !
En fait je supporte mal les émotions (ma résistance au
stress est très faible) mais aussi cet effet indésirable,
de ma publication et d'un début de médiatisation, de
devoir assumer une position d'autorité, bien qu'il soit
difficile de résister au défi d'essayer de faire passer
la complexité auprès d'un plus grand nombre et de
contredire les préjugés de l'époque. En tout cas
j'ai été contacté par France 2 pour parler de la
mondialisation, et l'échange avec l'intervieweuse était
bien intéressant, mais il fallait aller à Lyon pour
parler 5mn, et cela me semblait trop loin et trop court... (je
n'imaginais pas la pression de l'entourage pour passer à la
télé!). Le fait de donner les raisons pour lequelles il
n'y avait aucune chance que les bonne solutions s'imposent (à
cause du conservatisme social, du bouleversement de toutes les
règles ou de la complexité en jeu) et qu'un retour d'une
sorte de fascisme était le plus probable, a fini par me
désespérer ! En tout
cas le corps ne suit pas. Le
résultat c'est le retour des humeurs dépressives...
Brèves (revues scientifiques du mois de février), 01/02/06
Nanotechnologies, le gène de la drogue qui nous
distingue du chimpanzé ! La catastrophique production de
méthane des forêts. La corrélation entre
inégalités et destruction des sociétés. L'origine extraterrestre de la vie beaucoup plus probable depuis qu'on a réussi à contaminer Mars !
De la statistique à l'organisation sociale, 02/02/06
Maurice Halbwachs, Les causes du suicide (PUF, 2005)
On ne peut considérer une société ou un marché comme une foule
inorganisée d'individus isolés n'ayant aucun rapport entre eux. Dès
lors les statistiques sont trompeuses en ne retenant que les effets
globaux sans tenir compte des différenciations internes et de
l'organisation sociale (ce qui justifie la richesses des riches en
accablant les pauvres responsables de leur pauvreté).
Un crash informatique le 9 février m'a fait tout perdre
(courriers, adresses) mais ce qui est perdu n'est
finalement pas grand chose (à part le brouillon sur "autonomie
et dépendances" !). L'essentiel était sur le
réseau. Du
coup je suis redevenu opérationnel assez rapidement. Il
n'empêche que j'ai perdu des adresses et
des courriers importants, et je ne peux plus faire de sauvegardes...
Sinon, depuis la publication du livre je n'arrête pas de
décliner des invitations qui me viennent d'un peu partout
(revenu garanti à Hambourg, écologie
révolutionnaire en Suisse,
etc). Par contre, j'irais sans doute au colloque d'Alter Ekolo le 25
mars à Paris et, peut-être au forum social du bays basque
le 29 avril. De plus, la revue Multitudes doit publier mon texte
"L'écologie-politique à l'ère de l'information"
dans son numéro 24. Finalement toutes ces sollicitations sont
bonnes pour mon
moral et j'ai la grande forme bien que très pessimiste sur le
mouvement social, vraiment trop ringard (ATTAC, Copernic, LCR, PC,
Verts, PS...) !
La conférence de Marseille (autonomie et dépendances)
ne s'est pas trop mal passée. Il n'y avait qu'une quarantaine de
personnes ! Les auditeurs semblaient plutôt contents mais je ne sais
si j'étais compréhensible et si cela valait vraiment le
déplacement. J'ai l'impression d'avoir été un peu
confus (avec trop de retours en arrière) et de n'avoir pas dit
l'essentiel (comme la théorie de l'engagement ou le lien entre
autonomie, ignorance et lutte contre l'entropie). Je
préfère très nettement l'écriture qui peut
se corriger et s'approfondir à l'encontre des approximations de
l'expression orale et de la fascination de l'orateur. L'aller-retour
Paris-Marseille dans la journée est étonnant mais crevant
tout de même. Bien sûr l'intérêt de ces
déplacements, c'est l'effet d'après-coup, de
réflexion à partir de la déception du réel
par rapport au projet.
De
nouveau un crash informatique le 25 février (cette fois à
cause d'UbuntuLite qui formate tout sans prévenir) ! et j'ai de
nouveau
perdu mes courriers du mois ! Plus rien en vu question boulot et il
faut que je me remette à chercher (sans illusions)... J'ai bien
reçu un peu d'argent (il y avait longtemps) mais rien de
suffisant. L'avenir est toujours aussi incertain. Le peu
d'écho que je rencontre malgré tout pose la question de
savoir si cela peut justifier la précarité où je
me trouve...
Une atmosphère de fin de monde, 03/03/06
Nous vivons sans doute les derniers instants de ce monde, celui du
XXème siècle au moins. Les catastrophes naturelles s'ajoutent aux
catastrophes sociales. Il n'y a pas seulement la destruction du code du
travail presque
achevée (du CNE au CPE), l'extension considérable d'une
précarité
invivable, le choc des générations qui s'amorce à
peine, la guerre des
religions qui n'est pas prête de s'éteindre,
l'entrée dans l'ère de
l'information comme ignorée de tous ! Il y a aussi la
menace d'une
nouvelle peste qui décime des populations devenues trop
nombreuses,
avant le déclenchement sans doute d'un nouveau déluge
avec le réchauffement climatique ; et le plus
extraordinaire c'est que
nous continuons à le nourrir pourtant, comme si on voulait
brûler tout
le pétrole qui nous reste jusqu'à sa dernière
goutte et courir à notre perte ! Surtout ne rien changer,
le nez dans le guidon ! Pas étonnant que le ciel nous tombe
sur la tête.
Philosophie de la liberté ou psychologie de la soumission, 08/03/06
Elisabeth Roudinesco, Philosophes dans la tourmente, Fayard, 2005
Ce livre vise à mobiliser la
philosophie française (Sartre, Canguilhem, Foucault, Deleuze, Derrida)
contre l'offensive des
thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la remise en cause de la
psychanalyse, défense de la liberté de l'esprit contre une entreprise de
contrôle généralisé, surtout en ramenant au jour l'oeuvre de Canguilhem
qui dénonçait la psychologie comme une "philosophie
sans rigueur, parce qu'éclectique sous prétexte d'objectivité, une
éthique sans exigence, parce qu'associant des expériences sans jugement
critique, et enfin une médecine sans contrôle" (p57), voire "une
barbarie des temps modernes". En lieu et place de son impossible unité,
on ne trouve que des professionnels de la soumission, c'est-à-dire
d'une instrumentalisation de l'homme menaçant sa liberté. On est dans
l'imitation, l'éducation, la persuasion, l'hypnose, l'ordre impératif
et la défaite de la pensée...
Le basculement du monde, soudain !, 11/03/06
Le mouvement étudiant est bien réjouissant. Il
serait malgré tout étonnant que le gouvernement n'y mette
pas rapidement fin en retirant le CPE. Ce n'est pas certain mais s'il
ne recule
pas c'est que les temps sont mûrs pour une révolution ! De
toutes façons, l'essentiel est acquis, le besoin de se mobiliser
pour
reconstituer une solidarité sociale perdue et résister
à la déshumanisation. Un nouveau cycle de luttes est
enclenché et ce
qui serait décisif c'est que les salariés profitent de ce
rapport de force favorable pour s'y engager. Ce n'est pas gagné
et la situation
internationale peut s'en mêler, mais c'est un beau début
de printemps où la vie reprend soudain ses droits et où
l'on peut de nouveau être fier d'être un homme et
d'être bien vivant, fini de se laisser faire !
Et pourtant, il l'a fait, il s'enferre ! La rue est à
nous, que la joie vienne... (mais il faut bien dire que
j'ai d'abord éprouvé une grande fatigue et la peur du
pire!). En tout cas, pour l'instant ça semble
réglé comme du papier à musique (mais le CPE n'a
sûrement pas beaucoup plus d'une semaine à vivre encore).
Minorité de blocage, 15/03/06
Au-delà du CPE, l'enjeu du mouvement actuel est bien la résistance à la
précarisation de nos vies et la refondation des solidarités sociales
mais tout autant la contestation d'une démocratie procédurale qui se
résume à la formule : vote et tais-toi !
Rétablir la vérité, 17/03/06
Ce n'est pas seulement contre une mesure discriminatoire et imposée
sans concertation que s'élève la jeunesse mais plus encore contre
l'officialisation de la précarisation de l'emploi et la destruction des
protections sociales dont le CPE ne représente qu'une étape
supplémentaire. Derrière ces revendications immédiates, il y a tout le malaise d'une
jeunesse maltraitée mais, au-delà de la jeunesse même, il s'agit pour
toute la société de défendre nos valeurs humaines de solidarité, après
des années d'un individualisme arrogant, et de rétablir enfin la vérité
sur ce que nous sommes, vérité trop longtemps bafouée par les salauds
en tout genre.
Je
trouvais ce dernier texte très imparfait,
écrit trop vite (j'ai une grande difficulté à
écrire en ce moment) mais il a rencontré un certain
succès. Il faut dire que tout se passe comme dans un rêve
pour l'instant (juste ce qu'il faut de mobilisation
légèrement insuffisante pour
que Villepin se croit obligé de tenter de garder le CPE), en
espérant que ça ne tourne pas au cauchemar...
Retrouver un avenir commun, 21/03/06
Le
moment est crucial. Jamais la situation n'avait été aussi favorable aux
luttes sociales. C'est l'occasion ou jamais pour les salariés de se
joindre au mouvement pour défendre leurs revendications, il n'y a pas
de doute là-dessus. Et pourtant, il semble que les syndicats
s'effraient de leur pouvoir et reculent devant l'appel à la grève
générale. Il semble surtout que les salariés ne soient pas favorables
encore au renversement du régime, rencontrant la limite du mouvement
actuel, son absence de projet qui peut causer sa
perte. L'abolition du CPE ne mérite pas une révolution à lui tout
seul ! Si on fait une révolution, certes bien nécessaire, cela ne peut
être pour revenir simplement au passé et un CDI de plus en plus
théorique. Chacun sent bien confusément que c'est une chimère sous
cette forme.
Décidemment je n'aime pas écrire rapidement mais je
voudrais me plaindre de ne plus arriver à écrire alors
que la production du mois est déjà conséquente !
Ce qui est vrai c'est que je voudrais faire bien mieux...
Ce qu'il faudrait faire..., 23/03/06
Colloque AlterEkolo du samedi 25 mars 2006 à 9h, Assemblée Nationale (voir enregistrement)
Il n'y a pas d'un côté les problèmes de
chômage ou de précarité de
nos vies privées d'avenir, et de l'autre les problèmes
écologiques de
décroissance et de sauvegarde de notre avenir commun, ce qui
semble
bien peu compatible sous cette forme, alors que, dans les deux cas, il
s'agit de mettre des limites à un néolibéralisme
destructeur et de
préserver nos conditions vitales. Tout projet politique ne
tenant pas
compte des contraintes écologiques est condamné par
avance, de même que
tout projet écologiste qui voudrait ignorer les contraintes
économiques
et sociales. L'altermondialisme représente, bien plus que les
Verts, cette prise de conscience écologique et sociale avec ses
deux exigences de relocalisation et de développement humain. Ni simple
décroissance, ni retour en arrière, cette économie relocalisée et
recentrée sur le développement humain doit constituer une alternative
concrète au capitalisme en permettant la sortie du salariat
productiviste, grâce notamment au revenu garanti ainsi qu'à des
monnaies locales. Hélas, tout cela parait encore trop utopique, à contre-courant
de la mondialisation et de la précarisation néolibérale mais très
éloigné aussi des revendications des organisations de gauche (ATTAC,
Copernic, LCR, PC, PS...). Les solutions qu'on nous propose
(protectionnisme, "plein emploi", étatisme, taxations et même réduction
du temps de travail) ne sont pourtant que des solutions imaginaires et
trop souvent liberticides alors que c'est notre autonomie qu'il
faudrait développer.
Encore un texte que je trouvais très décevant et qui a
reçu un assez bon accueil (j'y suis pourtant bien pessimiste) mais il faut que je me
calme, d'autant que je suis retombé malade (ma vieille candidose chronique qui me rend si fatigué et nerveux) !
En tout cas, on peut dire un grand merci à Chirac et Villepin. Vraiment ils
ont fait le maximum pour que le mouvement dure dans les meilleures
conditions. Désormais, les limites du mouvement lui sont
complètement internes. La défaite du mouvement serait
donc aussi une défaite totale !
Sinon je quitte le comité de rédaction d'EcoRev', trop éprouvant et trop
lié aux Verts (un
numéro que j'avais initié sur le revenu garanti est tout
de même en cours).
Travailler et consommer moins ou autrement ?, 01/04/06
Forum Social
de Bayonne, 29 avril, 9h
Le slogan de la
décroissance a surtout l'inconvénient de se présenter comme une simple
réduction quantitative alors qu'il faudrait à l'évidence construire un système de production alternatif
sur d'autres bases plutôt que s'imaginer pouvoir réduire la croissance
d'un système productiviste qui s'emballe au contraire à un rythme de
plus en plus insoutenable ! Il n'y a pas d'autre solution que
l'altermondialisme, c'est-à-dire une alternative locale au capitalisme
globalisé. Une économie écologisée n'est pas une économie plus économe
encore (!), mais une économie réinsérée dans son environnement,
relocalisée et recentrée sur le développement humain. Il ne s'agit pas
tant de produire moins mais autrement, il ne s'agit pas de réduction
mais d'alternative, pas seulement de décroissance matérielle
quantitative mais de développement humain et de qualité de la vie.
La confusion est à son comble et la seule chose qui apparaisse
c'est l'impasse de plus en plus totale d'un côté comme de
l'autre. Il n'y en a qu'un qui sait où il veut aller, c'est
Sarkozy, sinon à gauche comme à droite c'est le vide
sidéral et le refus de l'avenir... On ira à la prochaine
manif en traînant des pieds, entre syndicalistes et jeunes
étonnés de se retrouver ensemble sans vraiment se parler.
La bonne nouvelle c'est que la mobilisation a permis d'élargir
la question à la précarité et même à
la refondation du droit du travail.
L'important bien sûr c'est ce nouveau désir de politique,
la découverte de l'action collective, la reconstitution des
solidarités sociales, l'important c'est la fête qui
commence à peine dans ce printemps frileux, c'est la vie qui
revient, et dans cette atmosphère de renouveau il m'arrive deux
petits bonheurs. Un tout petit chat câlin (hélas, sa
mère ne résistera pas longtemps...) et surtout une
traduction en allemand de mes textes sur la logique de Hegel pour le site (en chantier) hegel.net.
Rien ne pouvait me faire plus plaisir. Mon parcours est effectivement philosophique, sur une ligne
hégélienne (Hegel/ Marx/ Lukàcs/ Kojève/ Debord). Ce qui m'intéresse dans la politique
et le mouvement social, c'est la question de la vérité
sur ce que nous sommes et de son caractère collectif, du sens que nous donnons à notre
histoire, de nos capacités
cognitives à nous gouverner nous-mêmes enfin (passage de l'histoire subie à l'histoire conçue).
Vers la révolution du revenu garanti ?, 05/04/06
Le
débat entre enfin dans sa phase décisive où ce
n'est plus seulement la précarité
des jeunes mais la précarisation de toute la
société qui est en cause
et la nécessité de trouver de nouvelles protections
contre cet état de
fait insupportable. Il n'est pas possible de tolérer ceci plus
longtemps et il est temps d'affirmer, comme un nouveau droit de
l'homme,
le droit à un revenu décent, revenu d'autonomie sans
lequel il n'y a
pas vraiment de droits. Cela semble encore trop utopique et pourtant
c'est une revendication qui insiste et gagne de plus en plus de
partisans, revendication qui devrait s'imposer dans le contexte actuel
car le revenu garanti n'est pas seulement l'instrument de la lutte
contre la précarité et la misère, c'est surtout un
renversement complet
de logique de la sécurité sociale au développement
humain, c'est
l'investissement dans la personne, dans son autonomie et sa
créativité
exigées par le devenir immatériel de l'économie
où les travailleurs du
savoir sont destinés à la résolution de
problèmes dans un environnement
incertain.
Encore un texte (rédigé à l'origine pour EcoRev')
qui me semble bien imparfait mais qui, à peine publié, a
été diffusé tous azimuts. Je n'y crois guère
mais je fais tout ce que je peux...
A part ça, j'ai transformé ma revue mensuelle des revues
scientifiques en "Newsletter" (rien d'extraordinaire ce mois-ci) :
Newsletter, 09/04/06
Revues scientifiques du mois d'avril 2006
Les salaires chinois ont monté de 25% en 3 ans ! -
Réchauffement climatique et méthane - La vitamine C
protège le fumeur - La virulence de la grippe aviaire devrait
s'atténuer avec le temps - Le Big Bang de plus en plus mis en
défaut - L'évolution du darwinisme - Des muscles
artificiels - 10% des enfants de 10 ans prennent de la Ritaline aux
USA !
Ma forme n'est pas très bonne et les perspectives sont
inexistantes (heureusement que j'ai un peu de soutien de Suisse!). Sauf
si le mouvement le réclame (mais je pense avoir fait tout ce que
je pouvais faire), je prévois d'arrêter d'écrire un
peu après un dernier texte sur "Qu'est-ce que la
philosophie ?".
Sinon, il me semble qu'un des enjeux du moment, c'est de mettre la
morale de notre côté. Les petits coqs qui nous prennent de haut en nous
accusant de notre sort, et bien sûr si fiers de ce qu'ils sont devenus,
doivent trouver à qui parler. Ils veulent de la morale, on va leur
faire la morale ! Car leur morale de merde qui se résume à l'égoïsme de
l'imbécile heureux, à l'abject "malheur au perdant" et "après-nous le
déluge", ne doit plus pouvoir se montrer sans honte ! Notre travail
et notre apport à l'humanité vaut bien le leur. La solidarité est de
retour et ne s'en laissera plus conter. C'est une question d'ambiance,
et les temps ont changé. Il faut le faire savoir et ne pas hésiter à
prendre les puissants à parti !
Ceci dit, et bien que je sache qu'on n'a pas le droit d'être
pessimiste, que ce n'est pas fini, qu'il peut y avoir des occasions
à saisir, c'est plus que la gueule de bois, c'est le vide
sidéral ! De plus, si le
combat est vraiment moral, en son fond (de constitution d'une
solidarité sociale) il est certain qu'il n'y a rien de plus
dangereux que
la morale, accaparée par les plus bornés et la bonne
conscience de la bonne société ! Il faut du temps, c'est
sûr, mais le
temps nous est compté. Vite, trouver le lieu et la formule...
Ecologie-politique, revenu garanti et philosophie, 19/04/06
Petit interview pour le Journal du Pays Basque à l'occasion de ma venue au Forum Social de Bayonne le 29 avril
1)
décroissance ou alternative, 2) l'enjeu de la garantie du revenu
3) dimension philosophique de la résistance à la barbarie
néolibérale qui est du même
ordre que la résistance contre le fascisme ou le communisme.
C'est une
lutte philosophique, au nom de notre humanité contre une
barbarie
justifiée comme toujours parce que ce serait la règle
générale, parce
que cette idéologie serait triomphante partout ! Cette
morale égoïste
culpabilisant les perdants et glorifiant la consommation est vraiment
abjecte.
Qu'est-ce que la philosophie ?, 26/04/06
le philo-sophe n'est pas le sage puisque, au contraire, la philosophie
c'est d'abord la découverte de notre ignorance et de notre bêtise,
cause des malheurs du temps. Elle s'affronte à la vérité dans ses
limitations historiques, ce pourquoi elle est d'abord histoire
de la philosophie, que cela plaise ou non, et débouche sur la politique, la recherche du bonheur ne
constituant qu'une étape initiale à dépasser, un moment daté de la
conscience de soi, l'immédiateté vide d'un désir jaloux et d'une
demande infinie.
La réunion du FSL de Bayonne s'est plutôt bien
passée. Il y avait un peu plus de 80 personnes je crois. Je
n'étais pas très bon (comme d'habitude!) mais il semble
que la plupart des participants aient été
intéressés et c'était très sympa. J'en suis
revenu bien épuisé quand même (ma santé est encore très fragile) et l'utilité
de ces rencontres n'a rien d'évident (à part pour le moral!).
Newsletter, 01/05/06
Revues scientifiques du mois de Mai 2006
Maximum solaire en 2012 - Le niveau des mers pourrait monter de 4m
d'ici 2100 - L'effondrement des sociétés -
Anti-dépresseur mélatoninergique - Jeûner pour
rajeunir - "Transfert de cerveau " - La voie lactée
protégée des explosions gamma.